Le pavillon du manga et de la BD

02 juillet 2008

Nana, tomes 1 à 9.

Pour vous situer dans le contexte, celui qui écrit l’article est un mec de dix-huit piges, n’ayant pas forcé sur divers psychotropes d’origine douteuse. 

Après plusieurs années à entendre parler de Nana, Nana, Nana, toujours Nana, comme étant la référence du shojo moderne, il fallait bien que j’essaye un de ces quatre. Même si je suis arrivé forcément sceptique, scepticisme étant dû à la maigre expérience du shojo que j’avais eu jusque là, qui ne m’avait franchement pas convaincu. Jamais jusque là je n’avais pu finir ne serait-ce qu’un tome. J’avais presque l’impression d’être un conservateur qui pense que les shonen sont aux garçons ; les shojo aux filles ; les seinens aux adultes ; les yaoi, yuri et hentaï pour les pervers(es). Bon, pour les derniers, je ne dis pas que la relation est due à des préjugés (ça reste même assez véridique), mais pour le reste, c’est discutable.

La preuve en est : Nana poutre outrageusement. Et le mieux dans tout ça, c’est que dès le début du premier chapitre, j’ai accroché. Dès lors, je n’ai pu qu’être transporté par la suite et les relations entre les personnages principaux et leurs connaissances plus ou moins proches. Déjà parce qu’ils sont très rarement caricaturaux, et qu’il n’en existe pas vraiment de plat. C’est un aspect que j’ai découvert ici et qui doit faire partie intégrante des bons shojo et auquel j’accroche diablement. Particulièrement, je suis tombé sous le charme de Nana « Hachiko » parce qu’elle semble être l’archétype le plus caricatural de la fille cherchant le prince charmant, mais l’univers dans lequel elle vit est tellement crédible et réaliste qu’elle se mange parfois des revers assez douloureux pour quelqu’un d’aussi émotif qu’elle. Ce n’est pas pour autant que je renie Nana Osaki, qui a un look beaucoup plus classe (gothic rules) et une personnalité plus intéressante et percutante, mais je suis tombé sous le charme d’Hachiko alors qu’on m’en aurait parlé, j’aurais doucement rigolé en en entendant le portrait. Une très bonne surprise donc.

Et puis, Nana a fait naître en moi un sentiment que j’aurais pensé impensable et qui est une véritable expérience. A la lecture de ce shojo, ce n’est pas le Ca testostéroné du shonen qui nous fait ressentir l’hyper-puissance de la destruction d’un système solaire (pour le plus modeste des exemples) ; c’est encore plus exaltant. C’est le Ca de la jeune pucelle de 13 ans devant Bill de Tokio Hotel. J’ai appris en lisant le manga ce que ressent cette partie de la population (minoritaire, encore heureux) en lisant les magazines peoples bidons et s’écriant « Mon Dieu ! Machin sort avec Machine ! ». Là, c’est exactement la même chose, mais avec les personnages du manga. Je me vois donc devant ma lecture entrain de jubiler intérieurement parce Ren et Nana se sont revus, comme une jeune prépubère. Il n’y a rien de plus gratifiant que cette expérience, croyez m’en. Et même, là où ça devient encore plus fort, c’est lorsque je commence des discussions endiablées sur tel ou tel personnage avec un autre (notez le masculin de la chose) fan du manga. Nous voilà de véritables adolescentes qui sautillent devant des histoires de cœur. Simplement magique.

Ce que je viens de dire paraît être une caricature du manga, n’incitant pas à le lire, je le conçois. Mais le problème est que tout ce que je viens de dire est absolument VRAI. Et le fait que je n’ai pas honte de le dire prouve que Nana a réussi à m’accrocher plus qu’il ne le fallait, à me rendre totalement ridicule alors que je m’en tamponne parce Nana a fait un smack à Hachiko (*Kyaaaaaaaaaaaaaaaaaa* scène cuuulte) et que ça, ça claque méchamment du fessier. Maintenant tout le monde va penser que je suis un sale émo de merde, mais rien à foutre.

C’est une euphorie que je n’ai pas éprouvé depuis pas mal de temps déjà, ça doit remonter à la fin de la diffusion de la série Friends qui me faisait le même effet. Et Nana emprunte pas mal à la série je trouve, enfin surtout dans l’habile dosage entre humour (même pas de merde) et évènements tristes qui nous transportent loin loin loin (plus haut que tous les soleils). Il paraitrait même que le manga n’en finit pas et se rallonge un peu, comme la sus-citée série, mais en étant au début, je ne peux pas me prononcer.

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22 avril 2008

Berserk. Critique des tomes 1 à 13

Pour le moment s'ébauche un constat en demi-teinte.

Tout d’abords, malgré le coté « chef d’œuvre attendu »que suggère le gros buzz autour de Berserk, j’ai une annonce à faire : les deux premiers tomes sont nuls. Et moches. Ces bases expéditives étant posées, justifions puisqu’il le faut.

Certains membres dont je ne citerais pas le nom étaient à mes cotés lors de la lecture, et mes interjections résument assez bien le propos. « Oh, une méduse moche » « oh, un homme-chenille tout gore » « Oh, un festival de pseudopodes gluants » « c’est quoi cet elfe rigolard qui se balade à poil » « celle-là est blonde est délicate, elle va crever c’est sur » « le héros il découpe tout. Et même le reste.» je force le trait, n’ayant fait que deux ou trois commentaire, mais le constat est posé :

Berserk démarre avec un héros solitaire, ténébreux et apparemment invincible armé d’une épée géante qui , de l’aveu de tous les protagonistes, semble plus destinée à la cuisson des crêpes qu’à la baston. Escorté d’une caution humoristique incarnée par une version androgyne  et bavarde de la fée clochette, Guts puisque c’est son nom, parcours un pays hostile en combattants des monstres gélatineux ad nauseam pendant des pages et des pages de pure boucherie brouillonne. Pas franchement bandant comme point de départ.

Heureusement, à partir des tomes trois et quatre, ça commence à prendre forme, et l’ami Guts lâche les monstres pour nous offrir un long flash back. Nous apprenons donc ses origines, forcément bien tragiques, hein, on ne devient pas un guerrier sans en baver un minimum, tous les personnages de SDK vous le diront entre deux techniques ultimes. Mais heureusement le passé de Guts est d’une autre trempe. La tragédie-pour-rire extrêmement linéaire qui est le lot quotidien de la bande à Kyo n’a rien à voir avec l’histoire de Guts. Dégraissée de ses méduses multicéphales  Berserk prend alors une autre dimension, autrement fouillée et passionnante. On rencontre le fameux Griffithe, la non moins fameuse Casca, et au fil des pages, on est saisis, suspendus à la lecture. Bien sûr, on le sait, ça va merder. Personnellement j’ai beaucoup entendu parler de Berserk avant d’avoir les livres entre les mains, et nombres des événements à venir ne seront plus, dès ce stade de lectures, des surprises, d’autant que l’auteur n’a fait aucun mystère de l’évolution de la relation Guts/Griffithe. Néanmoins, le charisme de ce dernier est tel qu’on le suit avec attention tout en sachant que son ambition le poussera à une métamorphose rien de moins qu’inéluctable. Et pourtant le suspens et l’empathie fonctionnent, tout ça malgré un design qui élève la micro-bouche au rang de critère de beauté ultime, chapeau !

L’évolution de la troupe des faucons est donc réellement absorbante, Guts est devenu plus sympathique et profond, et se voit seconder d’une galerie de personnages secondaires un peu attendue mais toujours efficace.

Pourtant, toute cette partie n’est pas exemple de défauts. Malgré tout le charisme et la sympathie qu’il parvient à lui insuffler, le traitement de Casca est relativement inégal. On notera  notamment une vision assez fantasque des effets des règles sur les super-guerrières, largement instrumentalisée pour faire évoluer ses relations avec Guts, donc on pardonne. A cela s’ajoute l’épisode assez longuet du combat de l’Apôtre singe, qui cumule un certain nombre de grosses bourdes. Pour résumer, il était déjà moche et malsain avant (il aime violer de pauvres paysannes blondes et empaler ensuite leur cadavre au bout de pics, si ce n’est pas un comble) mais pour rendre le propos plus subtil, on va lui faire subir un super level-up. Il va du coup avoisiner les vingt mètres de haut, se doter d’organes superfétatoires (bouche surnuméraire et yeux disséminés sur son poitrail velu) et d’un gout exquis (une langue-phallus, comme c’est mignon). S’ensuit bien sûr un remake hentaï de king-kong ou il entreprend de faire subir les derniers outrages au seul personnage féminin fouillé de l’histoire, avant de se faire dégommer la tronche par le héros, de feindre la mort, et de revenir finalement à la charge (si ce n’est pas une péripétie scénaristique éculée…)

Au-delà d’un goût certain pour le gigantisme raté et le tentacle rape, qu’on retrouvera dans la scène de l’éclipse du tome 13 tout cela est-il bien nécessaire ? Je vois déjà à l’horizon pointer l’argument ultime : « Berserk, c’est pas pour les jouvenceaux, et la pré-pub se fait dans Young animal, fillette, t’étais prévenue ». Ou en version un brin plus pensée que «  cela maintient la cohérence d’un univers sombre, avec une mise de scène de fantasmes idoines à l’occasion ect »… certes, mes enfants, mais exposer l’horreur n’a d’intérêt que si on la questionne, et il arrive à Berserk d’oublier tout questionnement pour plonger joyeusement dans une dialectique de la découpeuse à jambon, plus anarchique que réellement dérangeante. Ou dans le titillement des bas instincts de son lectorat, à ce sujet je vous le demande, puisque j’en arrive au tome 13: combien de pages (cad beaucoup) complaisantes, (cad toutes) pour le double-viol de Casca ? Et en quoi est-ce nécessaire au propos ?

C’est là tout le paradoxe d’un manga qui se veut mature mais reste furieusement adolescent dans le traitement. L’empathie avec Guts qui devrait se dégager des pages et expliquer son basculement est freinée par une forme qui me semble mal adaptée au contenu. Ni le trait absolument pas réaliste quoique fouillé, ni la débauche de monstres, et de gore ne permettent de questionnement : tout cela n’est jamais qu’une affaire de trolls un peu gluants, après tout. Ce coté invraisemblable, associé au manque de discernement dans la démonstration et à la mise en scène démesurée ("alors là ça va être géant et moche et sombre, coco…") font qu’à ce stade de lecture Berserk n’est pas encor le chef-d’œuvre promis, mais bien une œuvre inégale qui alterne moments mieux que réussis et séquences pires que pataudes.

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21 mars 2008

Yumenosoko, au plus profond des rêves

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« Un peu jaunes… Un peu rouges… Un peu vertes… Les silhouettes des objets disparaissent progressivement derrière mes paupières pour laisser place à l’obscurité. »

C’est l’histoire d’une fille. N’importe laquelle. Celle qu’on aime, celle qu’on déteste, celle qu’on croise tous les jours. Juste, une fille. Elle a sommeil. Elle s’endort. Elle rêve… Elle rêve… Elle se retrouve devant un Konbini. Comme ça. Elle entre. Le gérant du magasin est là. C’est un chien. Il a un bonnet. ‘’Tiens tiens… Bienvenue !’’. Mais qui est-ce ? Où est-elle ? Est-elle endormie ? Est-elle éveillée ? Réalité ou rêve ?

Cette jeune fille est en fait arrivée dans le monde entre la mort et la vie. Le monde où les esprits viennent avant de partir pour l’au-delà, où ils peuvent laisser tous leurs sentiments. Mais voilà, elle, elle n’est pas morte. Elle est arrivée là. Pourquoi ? Parce que, tout simplement. La fille ne peut pas se réveiller comme ça, partir, revenir dans son monde. Il faut attendre. Que faire ? Travailler un peu au Konbini.

« Ferme les yeux… Toi aussi, tu vas bientôt t’endormir… »

Le magasin que tient Le Patron est rempli de toutes sortes de choses. Il y a des canettes de boissons. On enferme dedans les souvenirs des gens passés par là. Il y a des regrets, des bons souvenirs, des sentiments divers. Il ne faut pas les ouvrir, ou ces personnes ne vivront plus en paix. Celles-ci viennent régulièrement, et il faut les aider.

Il y a aussi des livreurs de rêves. Car c’est ici que se créent les dits-rêves. Ces livreurs, ce sont des petites bêtes. Ils portent des masques. Des oiseaux, des chiens, des lapins, des renards… Mais qui sont-ils ? Ce sont des personnes qui ne sortent plus de ce monde. Elles ont commis de trop grands crimes. On leur a alors confié cette tâche. Eternellement.

Les ‘’morts’’ venus se confier permettent de donner une dimension plus tragique au récit. Leurs passés ne sont pas toujours heureux, les malheurs qui les accablent sont d’autant plus touchants qu’ils peuvent nous arriver. Et on voit que, aussi joyeux que soient les personnages, tous ont une petite part de drame. Pas les histoires à la façon de Shakespeare, mais cette tristesse qu’on peut ressentir permet de plus se rapprocher des personnages, de les comprendre. Et il n’y a rien de mieux que de comprendre et de se rapprocher d’un personnage.

Néanmoins, la série n’est pas dénuée d’humour. Les mimiques du Patron, les réactions de la fille, le Bon-Dieu, le monde qui les entoure, presque tout pourrait faire rire. Soit par le pittoresque, soit par la mignardise. Cette ‘’aventure’’ vous prêtera forcément à sourire.

Le mangaka développe aussi une pointe de réflexion, avec le fait d’être seul, de n’avoir aucun sentiment, de ne pas prêter attention à ce qui nous entoure, de ne penser qu’à soi. Point de la grande philosophie, mais un petit truc du genre donne toujours une dimension à l’œuvre.

Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi d’autres patrons, un autre enfant non-mort, le père de celui-ci, et encore quelques autres personnages. Mignons. Tristes. Heureux. Attachants. Magnifiques. Drolatiques. Toute une galerie d’animaux, d’humains, de tout et n’importe quoi, auxquels on s’attache le temps d’un tome.

Bizarre graphisme. Dénué, simpliste. Moche ? Nan, beau. Il permet de très bien faire passer les sentiments des personnages. On ressent les mêmes choses qu’eux. On en pleurerait. Au contraire, une couverture bien plus travaillée. Dans les teintes beiges-jaunes, très douce. Et puis, quelques planches au bout du livre permettent de rire un peu.

L’édition de Kana en elle-même est impeccable, en grand format (sous-collection Made In) avec des planches et une adaptation soignée. Une petite postface de l’auteur et une biographie de celle-ci en bonus, sympathique. Le tome coûte quand même dix euro, mais il les vaut bien.

« Attends-moi, d’accord ? »

Pour ce qui est de mon avis personnel… J’adore. Je suis passé du rire aux larmes, de la joie à la tristesse rien qu’en lisant ce one-shoot. Certains passés des personnages donnent vraiment un aspect grave au manga, notamment celui du Patron, qui m’aura touché. A côté de ça, l’humour mignon et gentil régulier permet de souffler et de sourire. Les mimiques notamment du dit-Patron, le banquet, ou encore la façon de travailler de la fille, il y a de quoi passer un bon moment. Et puis, malgré tout, pour peu que l’on aime les univers oniriques, on ne peut qu’être transportés par ce déluge de sentiments, de mignardise et de rêveries. Hisae Iwaoka nous a servi une œuvre impeccable, qui n’était d’ailleurs au départ pas destinée à la vente. Ce manga était à titre d’amateur, et on se rend compte que le résultat est bien au-dessus de cela. Un curieux mélange de propos tragiques et de légèreté. C’est pourquoi, je le dis et je le redirai encore longtemps, Yumenosoko reste mon manga préféré. Et largement.

« Nous voulons rêver paisiblement. »

T-Rex

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07 décembre 2007

Le Collège Invisible

Avant même de synopsiser cette fantastique bande dessiné fantasque, j’aimerais stopper un préjugé qui pourrait ressortir, à juste titre, et qui n’est absolument pas représentatif des scénarii que Ange que produire : le Collège Invisible n’est pas, comme les « merdes » paraissant depuis des années telles que Harry Cover, Harry Péteur et les Chasses d’Eau Volantes etc, une simple parodie de l’œuvre de J K Rowling. Au contraire, ce dernier n’est qu’un tremplin nécessaire pour créer un univers unique et singulier se distinguant parfaitement de sa source d’inspiration. Se permettant quelques références vraiment pas subtiles principalement dans le premier tome, Ange et Donsimoni se réapproprient le mythe du collège magique et du sorcier lunetteux pour faire ce qu’ils veulent.


College_Invisible

Synopsis :

Dans Paris existe un lycée comme tous les autres ; dans ce lycée comme tous les autres se trouve une porte spéciale ; derrière cette porte spéciale, qui ne peut être franchie qu’en résolvant une énigme lourde en sens, un couloir de pierre éclairé par les torches ; au bout de ce couloir, un autre monde, l’Astral ; dans ce monde, un autre lycée, très différent, où l’on forme les apprentis magiciens ; parmi ces apprentis magiciens, Guillaume. La seule personne normale dans ce monde spéciale. Et vous croyez que c’est difficile tous les jours de survivre dans ce monde hostile ? Non, moi non plus, surtout quand on est aussi doué en magie que Guillaume.


Personnages principaux :

Guillaume
collegeinvisiblemaxi

Le héros de cette histoire peut se caractériser en un seul et unique mot que ces créateurs s’amusent à utiliser à outrance : quiche. Mais ne nous méprenons pas, si Guillaume est une vraie et belle quiche –mais pas lorraine, parisienne surtout, ne le prenais pas pour un Péquaure-, c’est parce qu’il n’a aucun talent magique. Au point de croire si les dirigeants du Collège Invisible, Aleister, Tabatha, Rehorur, Ramsey et compagnie, ne sont pas eux aussi des quiches pour l’avoir intégré dans leur enseignement magique. Sorti de là, Guillaume n’est pas un énorme boulet. Certes, il lui arrive de ne rien comprendre à ce qui se passe –souvent même-, mais il est loin d’être un crétin. Et c’est pour cela que je trouve que Ange et Donsimoni ont réussi le tour de force de faire de quelqu’un banal –une identification au personnage est toujours possible- un héros charismatique. Lorsqu’il est en dehors du Collège, Guillaume ne paie pas de mine, il s’insère dans la masse très facilement ; mais lorsqu’il est à l’intérieur, les choses se gâtent. N’arrivant qu’à faire deux ou trois sorts convenablement (surtout celui de ventriloquie parce que ça permet de faire des farces), ne pigeant rien au système magique, embarqué dans des trucs qui le dépassent... le train-train quotidien des héros, sauf que Guillaume n’est pas fait pour ce job... Mais on n’est pas maître de son destin malheureusement !

Dragounet
Dragounet

Mascotte de l’aventure, figure kawaï accompagnant le héros –pour nos amis lecteurs de mangas-, familier de Guillaume –pour les fans de WoW, emblème de cette histoire... Dragounet ne manque pas d’éloges, et constitue à lui seul un attrait vers cette bande dessiné pour certaines personnes (si si, ma sœur notamment). Il est vrai que sa bouille est trop chou, que son système binaire de chat qui lui donne comme train-train quotidien « dormir, manger des sauterelles, dormir, manger la reine des fées, dormir, manger des astreux, dormir, manger Archimède... » et que sa façon de ronronner pour parler avec Guillaume de manière quasi-fusionnelle font de lui un personnage très attachant, auquel on ne peut rien reprocher et qu’on adore adorer. Notre côté gaga qui ressort grâce à lui en somme.

Thomas

Thomas

Le meilleur ami de Guillaume, qui est heureusement moins quichou que lui, sinon on ne serait pas rendu. Thomas a en quelque sorte le rôle d’expliquer la situation –quelle qu’elle soit- à Guillaume, et croyez-en son expérience, c’est un boulot à plein temps. Cependant, il s’échappera par moment à son quotidien d’aide-quiche pour revêtir lui aussi le vêtement de simple adolescent, vivant les affres de cette période de la vie : les cours, les poils qui poussent, les trous de mémoire après une nuit de pleine lune, les ballades en caleçon dans les parcs en respirant avec son museau les doux senteurs de la nuit... Que du vécu et du vivable.

Adrien

Un personnage plutôt secondaire, mais intéressant par son évolution dans toute la série. D’ennemi héréditaire de Guillaume, étant aussi opposé à lui que possible –principalement parce qu’il est très talentueux en magie-, leurs relations vont aller crescendo, devenant à la fin en bons termes. Et le mieux, c’est que cela se passe sans nous choquer. Car au troisième tome il laisse tomber un masque qui faisait de lui quelqu’un de profondément mauvais : certes, il n’aime pas Guillaume, mais pas au point de vouloir sa mort. Par la suite, les ennemis se multipliant sur leur route, ils vont devenir de parfaits alliés, soudés dans l’effort. Et ce changement, qu’on se plait à suivre, est amusant sur un point : Adrien rappelle par de nombreux points Malefoy dans la série des Harry Potter, à tel point que leur évolution est sensiblement la même (quoique celle de Drago est moins crédible), ce qui fait qu’on a l’impression que d’inspirés, Ange et Donsimoni sont devenus inspirant de JK Rowling. Assez

amusant quand on y pense.

Peuples

Le Petit Peuple

Cherchant un nouveau Protecteur au début du premier tome, ces derniers sont le début des emmerdes pour Guillaume et toute sa clique. Composé de fées complètement stupides et le plus souvent représenté par des blondes ; de lutins qui peuvent disparaître en retenant leur respiration et se tenant les cheveux lorsqu’ils sont honteux ; de trolls massifs fan de hard-rock et dont le boss porte des lunettes de soleil en tout circonstance, le Petit Peuple est assez hétéroclite pour fournir une dose de gags suffisamment varié pour ne pas être agaçant et lourd. Surtout les trois shamans lutins qui parodient à merveille Riri, Fifi et Loulou (le tout en vers s’il vous plait). Une valeur sûre pour assurer une bonne dose d’humeur.

Les Drims
Drums


Charmantes boules de poils vivant sous le joug de Kalika la sorcière, les drums sont des créatures qui n’ont pour unique fonction vitale d’être mignonne. Leur système semi-binaire (et encore, c’est un peu trop) ne leur permet de comprendre que la phrase « il faut viser les yeux », ce qui en fait de parfaits petits monstres sous cette bouille de peluche. Un conseil : évitez de laisser une pioche à proximité de leur petites menottes, ou alors devenez partenaire de nos amis « malvoyants ».

Avis

Je pourrais m’étendre sur les personnages, sur les peuples et sur l’univers du Collège Invisible, tellement il est drôle, intéressant, unique et plaisant à découvrir, mais je vous laisse le faire par vous-même si vous avez été convaincu. Car loin d’être une bande dessiné intelligente criblée de double-sens et d’une philosophie interne, elle divertit extrêmement bien, une lecture haut de gamme dans le niveau de l’humour. Faisant son lot de référence à Harry Potter –avec l’évocation de « Tu-Sais-Qui » et de son rouquin- mais aussi parodiant les ténors de la culture populaire -en vrac Star Wars, le Seigneur des Anneaux, Dune- en ne s’en cachant point, puisque ce sont souvent les personnages qui font des réflexions sur la similitudes des situations ; faisant usage d'un latin approximatif pour nominer les sorts ; faisant parfois dans l’humour trash, et je pense tout d’abord au passé de Radovar ; mettant en scène une bande de personnage complètement crétins, tel Guillaume en premier, le Petit Peuple, les Drims (« Il faut viser les yeux ! »)... le Collège Invisible ne manque absolument pas d’attrait.

Sept tomes sont déjà parus, à raison d’un par an, et la fin du dernier me dit que la série n’est pas encore continuée ^^

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22 septembre 2007

Blacksad

Blacksad

Quelque part entre les ombres

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« Parfois, quand j’entre dans mon bureau, j’ai l’impression de marcher dans les ruines d’une ancienne civilisation. Non pas à cause du désordre qui y règne, mais parce certainement cela ressemble aux vestiges de l’être civilisé que je fus jadis »


Blacksad, John de son prénom, est un détective privé – « fouille-merde » selon certains- qui n’est pas né sous une bonne étoile. La preuve en est qu’il est un chat noir. Dans un quotidien sordide, les enquêtes se suivent, tantôt sans intérêts tantôt morbides.
Lorsque Smirnov le flic l’appelle ce matin là, il ne se doute pas qu’il va retrouver celle qui fut la partie la plus heureuse de sa vie, Natalia Wilford, avec une balle dans la tête.
En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire. En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs.
Il va payer.

Arctic-Nation

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« De toute évidence, ma tête ne plaisait guère aux gens du quartier... J’avais cependant l’intention de continuer à la montrer. Du moins jusqu’à ce que je retrouve l’enfant... »

Le pôle nord glaciale et inhospitalier accueille froidement Blacksad. Pourtant, John est là, au milieu d’une propagande raciale qui fait de lui un indésirable. Il n’est pas le bienvenu, que ce soit pour le groupe extrémiste politique des « Artics » ou leurs opposants urbains les « Blacks Claws ». Mais ce n’est pas de gaieté de cœur, une gamine a été enlevée.
Ce qui cloche ? La personne qui lui demande de la retrouver : ce n’est pas la mère.
Encore un guêpier pour le détective, mais rien ne le fera reculer, la vie d’une fillette est en jeu.

Âme rouge

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« Je restais plus d’une heure à observer en silence avant d’ouvrir la bouche et de rompre cet instant magique de création. Cet être à la santé fragile se transformait en tornade quand il sentait dans sa main le contact d’un pinceau et l’odeur de la peinture lui collant au museau. »

Alors qu’il escorte sans grande envie un riche et excentrique personnage, Blacksad retrouve un vieil ami, Otto.
Acceptant une invitation de sa part, il découvre peu à peu que quelqu’un en veut à la vie de son ami. Peut être que les manifestations publiques contre le nucléaire, énergie atomique dont s’occupe Otto, en sont la cause, mais rien n’est moins sûr.

Avis

Trois tomes de cette bande dessinée sont sortis, trois tomes qu'on peut lire indépendamment les uns les autres, trois tomes seulement, et pourtant Blacksad peut être considéré comme une série culte.
Il faut certes avouer que le scénario du premier tome par n’avait rien de révolutionnaire en soi, l’histoire mettait en place un polar classique, mais efficace. Celui du deuxième, plus fouillé, faisait surtout ressortir la stupidité du racisme et son apothéose dans une symbolique des animaux blancs et noirs. Le troisième s’amuse à nous place dans un contexte de Guerre Froide entre les communistes et les capitalistes, ainsi que la menace nucléaire. Une intrigue hautement plus complexe et politique que les précédentes, un bijou.

Cependant, ce qui frappe en lisant Blacksad, c’est la finesse des dessins. Juanjo Guarnido, ancien dessinateur de chez Disney, en avait marre de faire des histoires enfantines, et décida de se plonger dans une atmosphère plus adulte, celle des polars. On retrouve donc à l’intérieur un contraste saisissant et pas forcément déplaisant entre l’ambiance sordide et les dessins d’animaux cartoonesques. Animaux ? Comme vous l’avez compris, l’une des particularités de Blacksad est de mettre en place un monde d’animaux anthropomorphes. Et finalement, ce contraste se marrie extrêmement bien, nous donnant sans cesse envie de connaître la suite, mais aussi de nouveaux personnages dont le design est magnifique. Il est donc très difficile de se sortir de cette bande dessinée une fois commencée, et comme le scénario tient ses promesses, sans jamais tomber dans une ébauche de violence ou un final explosif.

Critique de notre société au travers d’un New York des années 50 comme on en voit souvent dans les films, l’ambiance n’est pas en reste.
Parlant de la relation bien usée pouvoir-argent, d’ultra-nationalisme, de racisme, de nazisme... Blacksad utilise aussi à merveille les animaux pour nous refaire notre Histoire contemporaine. Une sorte de fable de La Fontaine ayant perdu sa féerie et gagné en réalisme, tout en conservant son côté moralisateur et son efficacité.
Le tout sublimé par une narration de Blacksad merveilleuse et envoutante.

Diablement prenant.

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08 février 2007

Le Secret de l’étrangleur, de Tardi d’après Siniac.

secret

Ca commence par des articles de presse, début février 1959. Chaque jour un mort fait la une, et pendant ce temps la police est en grève. Chaque nuit. L’intrigue nous est donnée ainsi, et son déroulement, sa chronologie par la même occasion. On a déjà les victimes, l’ordre des morts, la forme des décès (strangulation). Nous manque l’assassin. Mais surtout ses mobiles et comment il fait. Et puis, avant que l’action ne démarre encore, un délai de nouveau. D’autres articles, qui ne concernent pas les assassinats. Simplement le décor ainsi planté. Et l'atmosphère. La société montrée dans ses errements : Indochine, bidonville, immigration et politique, misère affective, peine de mort. Mais aussi le bain culturel avec la chronique ciné des films de la période. Décidément cette bd tarde à démarrer. Elle se fait désirer. C’est déjà, d’emblée, un ovni. Cela Tardi nous y a accoutumé. Celui qui avait dynamité les planches à ses débuts tente là encore une fois de court-circuiter les schémas narratifs, de nous plonger à la fois dans le feuilleton polar (premier mode de parution du récit), le reportage illustré et la bd roman. Ca donne un machin improbable, sobre en apparence, mais révélant une mécanique diablement subtile et retorse.

Ca commence ensuite (si si : c’est possible) par une scène épouvantable. Des dialogues aberrants. Une situation déplorable. Du boulevard tout ce qu’il y a de pire. Et on va suivre, avec le meurtrier, la future première victime, qui, on se le dit tout net après cette ouverture, l'a bien cherché quand même. C’est la générale. Demain, avec ce brouillard et la grève des flics, le cabotin y passera. Et il y passe. Malgré un premier élan pour s’enfuir, il devint docile, et ne profère qu’un « c’est ridicule » au moment de se faire étrangler. L’étrangleur a tué, mais nous ne savons pas comment. Nous le suivrons à chacun de ses crimes, par le biais d’Alphonse, un gamin de douze ans qui l’accompagne dans ses virées meurtrières, oscillant entre l’horreur des morts et le désir de comprendre le truc. Car l’étrangleur se pose comme un mage autant qu'un illusionniste, et Alphonse est en quête de son pouvoir, désir hypnotique de puissance et pulsion morbide étroitement mêlées.

L’objet du récit, le roman noir, se déplace alors vers le récit lui-même, le contaminant et en faisant le lieu même de l’enquête menée par le lecteur. Et c’est là que cette bd se révèle proprement géniale (n’ayons pas peur des louanges). Car le truc, nous aussi lecteurs nous le cherchons. Et l’on a le sentiment tout du long qu’on ne nous le donnera pas. Si l’on connaît d’avance l’ordre des meurtres, la résolution de l’affaire est laissée dans le floue. Et pour cause : le récit ne se finit pas vraiment. Ou plutôt il n’arrête pas de se finir et à chaque fois on a le sentiment de s’être fait avoir, comme lors d’un tour de magie. Pas moins de huit fois le mot fin inscrit dans une case de la bd. Et même lorsqu’on a le fin mot de l’histoire, le mot fin se dérobe encore et toujours, et relance l’histoire, dans une sorte de délire hallucinogène, comme si en fin de compte n’importait que la reprise, c’est-à-dire le fait de recommencer la bd pour se rendre compte exactement de la nature de la supercherie, pourtant si apparente dès le début. Les niveaux de lecture s’emboîtent tout au long de l’histoire, et la mise en abyme, procédé réflexif, est affiché d’emblée, par les journaux et par la présence de ce livre qu’il ne faut surtout pas lire, seul écrit de l’Etrangleur et potentiel source de son pouvoir, refusé par tous les éditeurs auxquels il fut soumis, mais joué en acte dans le récit offert au lecteur.

Ainsi, comme le dit la quatrième de couverture: « Achetez ce livre, vous ne le regretterez pas ! ». Quoi ?... Ah bon c’est le contraire qui est écrit ? Faut que je le relise alors…

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27 janvier 2007

V For Vendetta

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Angleterre 1997 : la verte Albion est aux mains du fascisme. Le « Système », appareil d’état omniprésent, surveille tout et tous. Dans cet enfer où la répression brutale et les humiliations individuelles sont monnaie courante, chacun s’est résigné à son sort. Personne n’ose plus se battre contre le Système.

Personne... sauf V.

Violence

Tout débute par une nuit sombre et sinistre, dans une ville de Londres opprimée, sous les yeux omniprésents du Système. Ils observent dans la pénombre.

Evey avance dans les rues désertes. Soudain, une personne adossée à un réverbère. Elle s’approche, et demande à l’homme de coucher avec elle. Manque de pot, cet homme fait parti du Système, et la prostitution est interdite. D’autres ombres se profilent et entourent alors Evey, elle est déjà condamnée.

Soudain, un étrange personnage apparaît, couteaux dans chaque paume. En un éclair, les hommes sont à terre, l’Homme au Masque l’emmène dans son Antre, le Musée des Ombres. Evey est tirée d’affaire, mais elle n’en sortira pas indemne.

On commence le comic comme le parfait livre du révolutionnaire, pour voir celui qu’on appelle V infliger le coup de grâce au Système qu’il a juré de vaincre. Mais au bout d’un moment, une question vient à l’esprit :

Qui est V ?

Un idéaliste qui veut rallumer l’espoir au cœur d’un monde trop noir ?

Un tragédien que sa passion pour les métaphores shakespeariennes aurait conduit à la grandiloquence ?

Un bouffon qui souhaite rire aux dépens de l’ordre établi ?

Un anarchiste aux idées révolutionnaires dépassées ?

Un terroriste fanatique qui ne reculera devant rien pour abattre le gouvernement ?

Ou simplement un fou ?

Et si V était seulement synonyme de vengeance ? V... pour Vendetta ?

Impossible à savoir, du moins pas avant la fin. Et pourtant, l’auteur nous donne des indices, son identité est juste sous notre nez, et on ne voit rien venir, comme si l’on était aveuglé. Alan Moore nous a eu, définitivement, il s’est joué de nous. V nous a toujours montré son visage, celui d’un fou.

Vaillance

Mais pour réussir à savoir qui est donc V, il faut d’abord commencer par s’intéresser au personnage principal, car contrairement à ce que l’on croit ce n’est pas l’Arlequin au masque de Guy Fawkes, mais Evey. En effet, c’est avec cette jeune fille que l’on commence l’histoire, c’est avec elle qu’on la finira.

Plus fort que cela même, elle n’est pas le personnage central, elle est le lecteur, en disant toujours ce que l’on pense, en ne comprenant pas V, en le harcelant de question, qui resteront d’ailleurs sans réponses. Mais Evey ne sait pas encore quelque chose : on ne peut pas comprendre V.

Aussi, en tant que centre du récit, elle va faire une descente aux enfers, à la limite de la folie, en voyant son passé ressurgir, en découvrant son amant tué (Je le précise, ce n’est pas V) ou bien en étant séquestré par la police du Système, dans un passage sublime au cours de l’Acte II.

Cependant, tout cela semble être orchestré par V, mais dans quel but, pourquoi lui faire subir cela ? Il lui fait subir cette lente invasion de la folie, mais dans une logique implacable, celle de V.

Vérité

Mais revenons en à V, et expliquons tout d’abord pourquoi un tel nom.

Le plus simple est évidement expliqué par le titre, v pour vendetta, ce qui est une vengeance (on retrouve encore une fois le V dans ce mot),  une guerre entre deux clans, soit V et son Musée (arme de la folie) contre le Système et ses appendices.

Mais aussi, plus tard dans le comic, on découvre que ce même V, dans un passé lointain, aurait été enfermé dans la chambre 5 (V en latin) et y aurait subit des châtiments peu enviables qui auraient, semble-t-il, forgé son caractère.

Plus subtil, on peut y voir une triple abréviation de la citation « Veni, Vidi, Vici » de César, connotant sa lutte incessante et acharnée qu’il ne lâchera pas.

Notons aussi que c’est le 5 novembre 1605 (redondance de ce chiffre décidément) que Guy Frawks, catholique anglais étant impliqué dans la Conspiration des Poudres,  fit exploser le Westminster Palace. Les deux sont de grands Anarchistes, normal que V lui emprunte son visage et lui rende hommage dans son nom et ces forfaits.

Terminons cette présentation de son nom par sa propre présentation à Evey : « Voila ! A première vue, je ne suis qu’un vulgaire comédien de vaudeville, à qui les vicissitudes de la vie font jouer le vilain et la victime, et vice versa. Ce visage, n’est pas que le vil reflet de ma vanité, mais un vibrant vestige de la vox populi aujourd’hui vacillante et vaincue. Vous devez y voir les vieux restes d’une vexation vieillissante, aussi vive que vivante, et vouée à vaincre cette vermine vulgaire, vivace, virulente et vénale, qui vivote en privant ces valeureuses victimes vaincues de la vérité et des vraies valeurs. Le seul verdict que je vois est la vengeance. Une vendetta violente brandie telle un ex-voto et non en vain, visant à faire vaincre la vertu, face à cette vilenie lovée dans les veines de nos villes. Ces vagues vocales faisant de moi un ventriloque vociférant ces volutes verbales, revenons – en a l’essentiel. Je suis très honoré de vous rencontrer et vous pouvez m'appeler V. »

Mais finalement, on aura tourné au tour du pot, sans jamais rien savoir. Rassurez vous, on saura tout de V : qui il est, son plan, son avenir.

Et cela ne sera dévoilé à la fin, dans un chapitre sublime, le neuvième du Troisième et dernier Acte. Et je pèse mes mots en disant sublime, car on y voit Evey penser véritablement à notre place, notamment en prononçant cette phrase : « Qui que tu puisses être, ce ne sera jamais assez énorme, tu perdras de ta superbe, de ton mythe ». Et la dernière case, sans un mot, nous dévoile absolument tout, montrant le génie fou de V. Simplement délicieux.

Pour finir, et sans en dire trop, nous pouvons paraphraser V pour savoir ce qu’il ait : « Je ne suis ni chair ni sang, mais simplement une idée. Une idée immortelle. »

                                             Num_riser0009

© Zenda 1989 Lloyd/Moore

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14 janvier 2007

Japon, collectif chez Casterman

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Paru dans la collection « Ecritures » de Casterman, voici un collectif regroupant 17 auteurs de BD/manga. Ce projet initié par Frédéric Boilet, auteur français installé au Japon propose 16 récit ou vision du Japon. 8 par des auteurs de BD francophones, 8 par des mangaka. Les auteurs français ont été invités au Japon, et à séjourner chacun dans une ville différente afin de présenter une « cartographie  bdèsque » de l’archipel. Chacun évoque ainsi sa rencontre avec un lieu du Japon, une ville ou une région, un souvenir parfois pour les auteurs « locaux ». Ce projet a ainsi été publié simultanément dans les deux pays. Les auteurs contactés relèvent plus ou moins, en plus de quelques « grands noms » d’une nouvelle génération d’auteurs : nouvelle BD chez nous, « nouvelle manga » au Japon. A la marge de l’image commerciale, et donc de la caricature du manga. Ce recueil a reçu, première pour un ouvrage ayant des auteurs non japonais, le prix spécial de la Japan Cartoonists Association.

Mais la principale rencontre est celle produite par le recueil lui-même : ces regards multiples, divers sans être divergents sur un archipel, une culture, une population marqués d’emblée par la fragmentation et l’étoilement. L’impression d’ensemble est très forte, et se côtoient dans le collectif aussi bien des auteurs reconnus que jeunes et débutants, et ce des deux côtés de la « frontière ». Les récits empruntent des genres très variés, du récit de voyage, à la fiction totale, en passant par l’anticipation ou le fantasme onirique. Les tons sont du coup également multiples, franchement comique tout autant que sérieux. De même pour les styles graphiques. Malgré cet aspect de patchwork l’unité fait sens, sûrement du fait de la composition du recueil, ou du choix des auteurs. L’on « voyage » pleinement tout au long de ces courts récits dessinés. Un même esprit nous tient de bout en bout. Tout d’horizon des auteurs et de leurs récits. Chaque histoire est précédée d’une présentation de son auteur, et une carte figure le lieu qui a inspiré le récit. Les illustrations, faute de scanner, sont une fois de plus piochées sur la toile.

Kan Takahama, Au bord de la mer, Amakusa
Un joli dialogue au bout d’une jetée au bout du Japon, entre un français et une japonaise. Ca parle de parents marins bretons, d’ancêtres pirates, de fantômes, et d’amour qui s’effile et s’effiloche d’un versant à l’autre du monde. La jeune auteur livre un récit d’atmosphère très beau et tendre.

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Kan Takahama

David Prudhomme, La Porte d’entrée, Fukuoka
Pendant qu’il visite le Japon, découvre nourriture et bains, ses chaussures se font la malle, sans prévenir ! aident une tortue et, soif de liberté, se jettent à l’eau. Du burlesque pour raconter les légendes, le paysage et un quotidien fugace.

Jirô Tanigushi, Ciel d’été, Tottori
On ne présente plus cet auteur qui connaît depuis quelques années un gros succès en France. Il réemploie là ses thèmes de prédilection : un moment marquant du passé, de l’enfance, s’invite à un tournant de vie du présent. Cela à travers le retour d’un jeune homme dans son village natal où il retrouve une jeune adolescente dont la présence le trouble.

Aurélia Aurita, Je peux mourir, maintenant !, Tokushima
Autant le dire directement : c’est une des grosses découvertes de ce recueil pour moi. Des dessins très simples, quasiment du crayonné très vivant qui dynamite la page, un récit très drôle, et une sensibilité qui point en permanence. J’ai vraiment beaucoup aimé.

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Aurélia Aurita

François Schuiten et Benoît Peeters, Osaka 2034

Schuiten et Peeters sont pour moi des idoles du fait de leur série des Cités Obscures. Ils proposent là des planches réalisées à la manière d’un journal parlant d’Osaka en 2034. Une anticipation assez décalé et humoristique, une vision cliché ironique du Japon. C’est assez court, et ça m’a plus donné l’impression que cela valait pour mettre ces noms dans le projet. En fait les auteurs placent ici un fragment d’un autre projet, publié dans des journaux : Les Portes du possibles dans lequel on retrouve les planches de Japon.

Emmanuel Guibert, Shin.Ichi, Kyôto
Guibert transpose dans le Japon des années 20 l’histoire de l’Atelier des Vosges qu’il fonda en 1995, et qui regroupait, outre lui-même, Blain, Boilet, Bravo, David B. et Sfar. Le récit est écrit, et illustré par des grands dessins muets. Les personnages prennent donc des noms japonais, se rencontrent, dessinent, et se séparent, Shin.Ichi partant précipitamment pour l’autre bout du monde, la France. C’est vraiment très beau.

Nicolas de Crécy, Les Nouveaux Dieux

Je suis très fan de l’univers de De Crécy, et là j’ai été servi. Le récit est assuré par un être fantasmagorique : une future icône publicitaire venue au Japon pour prendre forme, s’inspirer à partir des dieux du graphisme partout présents sur tous les murs, néons,affiches et produits au Japon. Il est rejoint par son manager compte profiter du voyage quand notre forme s’angoisse de ce qui pour elle est voyage de travail. Les nouveaux dieux sont ceux qui gouvernent la consommation, les images qui font vendre.

Taiyô Matsumoto, Kankishi, Kanagawa
Belle découverte là encore. De grandes illustrations accompagnées par un récit simple : un jeune garçon ne veut que dessiner, et reste mutique. Accompagné d’un chien, rejeté là il passe, il erre. Ses dessins prennent vie et lui assurent finalement une reconnaissance, jusqu’à ce qu’il décide d’aller voir plus loin encore.

Joann Sfar, Le Tôkyô de Oualtérou, Tôkyô
Comme d’habitude avec Sfar, du très très bon. Il se promène dans Tokyo en compagnie d’un ami qui vit au Japon, « Oualterou », et laisse celui-ci raconter à sa façon, désopilante et désenchantée, son pays d’adoption. Le style graphique est habituel, sauf qu’il adopte une la représentation des personnages par l’animalier, emprunt à Trondheim certainement, absent du volume. La référence pourrait être prolongée : Sfar se dessine en crocodile, et « Oualterou » sonne comme la prononciation nipponne de « Walter », titre d’un épisode de Lapinot où l’on trouve un croco comme personnage principal… Toujours un mélange subtile de fiction et de réalité, brassées, mélangées pour faire un récit, drôle et fin.

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Joann Sfar

Little Fish, Le Tournesol, Tôkyô
Récit onirique en 6 cases par planches, muettes. Un couple au matin, et l’homme qui voit un tournesol lui pousser au niveau du nombril. La distribution du dessin dans les cases est très réussie, et une véritable poésie se dégage de l’histoire.

Moyoko Anno, Le Chant des grillons, Tôkyô
Court récit en 6 planches à fond noir illustré de motifs traditionnels. Une petite fille à la recherche de grillons. Un Japon traditionnel avec Kimono et échoppes en bois dans des ruelles. Une sorte d’haïku en bande dessinée.

Frédéric Boilet, Dans la ruelle Amour, Tôkyô
Initiateur du projet, co-fondateur de l’atelier des Vosges, installé au Japon, et passerelle entre la France et le Japon (adaptation de Tanigushi pour la France, de Sfar pour le Japon), Boilet livre ici un récit qui fait écho à celui de Aurélia Aurita. C’est son regard sur le séjour de la jeune auteur chez lui à Tôkyô, après la version qu’elle en a livré elle. Des images de la banalité urbaine se resserre autour de l’appartement de Boilet, accompagnées par un discours du personnage sur les détails de la culture nipponne. Petit à petit l’intime transparaît derrière ce bruit de fond et ces clichés, au profit d’autres clichés, photographiques, redessinant l’espace de la page.

Fabrice Neaud, La Cité des arbres, Sendaï
Une autre découverte pour moi. Auteur de bande dessinée autobiographique, Neaud produit ici le journal de son séjour au Japon, sa découverte du pays. Beaucoup d’observations de détails du quotidien, d’éléments insolites propres à cette culture nouvelle. Mais en toile de fond une obsession amoureuse, la hantise d’un absent. Et la mise en lumière d’un aspect social et politique au Japon : la place et la visibilité de l’homosexualité, l’espace qui lui est accordé dans la société.

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Fabrice Neaud

Daisuké Igarashi, La Fête des chevaux-grelot, Iwate

Durant une fête traditionnelle, dans un Japon « médieval », un enfant rentre dans une fantasmagorie où il est poursuivi par des démons. La représentation du rêve et de la réalité, le passage de l’un à l’autre sont extrêmement bien réalisés. L’on est comme happé par les jeux sur les blancs et les noirs, et une double page magnifique subjugue le regard.

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Daisuké Igarashi

Kazuichi Hanawa, Dans la forêt profonde, Sapporo
Encore une découverte, et d’un auteur apparemment reconnu au Japon, représentant d’une pratique « underground » du manga. Ici le récit est très sobre, et relate un parcours sur un sentier de montagne. Divinités et nature se partagent les pages, et le narrateur, entre spiritualité et réflexion, raconte la rencontre furtive avec une jeune femme allant prier malgré une tempête de neige.

Etienne Davodeau, Sapporo Fiction, Sapporo
Je ne connaissais cet auteur que de nom, et ce fut une vraie belle découverte pour moi. Davodeau met là en scène un récit où le narrateur est un Japonais de 60 ans sortant de l’hôpital et décidé à aller rendre visite à son frère jumeau. En chemin il rencontre un dessinateur français, et tous deux font le trajet ensemble jusqu’à Sapporo. Ils communiquent par gestes et dessins, et le Japonais initie le français à la culture nipponne, jusqu’à la rencontre avec le frère jumeau… Un récit très drôle, et très beau, tout simplement.

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Etienne Davodeau

Voilà ! Le Japon vient ainsi d’être parcouru par ces bd/manga de sa pointe sud à sa point nord, ville après ville, paysage après paysage, expérience après expérience. J’espère que cela vous a donné envie de découvrir le volume. Non seulement j’ai trouvé l’ensemble de très très bonne qualité, mais il m’a permis de découvrir des auteurs pour moi complètement inconnus, et de les mettre en regard de « maîtres » de la bande dessinée et du manga. Un ouvrage recommandé chaudement à tous ceux curieux de voir comment la bd et le manga vivent aujourd’hui, et comment ils peuvent se rencontrer, dans l’espace et dans le temps, ce qu’ils ont à se dire, bref ce qu’il y a en commun à ce medium derrière la terminologie qui ne sépare finalement que des pratiques culturelles.

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07 janvier 2007

Osamu Tezuka

Biographie

(1928-1989).

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Né le trois novembre 1928 dans la préfecture d’Osaka, encore enfant, il décidera de sa vocation après avoir vu les premiers dessins animés de Walt Disney.

C’est en 1946, pendant ces études de médecine à l’Université d’Osaka, qu’il publie ses premiers mangas et l’année suivante marque le début de son succès grâce à son manga de La Nouvelle Île au Trésor qui fera l’effet d’un électrochoc sur beaucoup de futur mangaka, notamment grâce à quatre ou cinq planches extrêmement cinématographique où chaque case se rapproche du visage du personnage principal, donnant l’impression que la case est une caméra.

Il continue ensuite à créer plusieurs dizaines de mangas (et encore, son œuvre complète doit faire pas moins de 400 volumes reliés !) créant par la même occasion beaucoup de genre, devenu des standard du manga, comme le Shojo (oui oui, Tezuka a beau être un homme, il est le créateur de ce genre dont sont friandes les jeunes filles) et le Shonen actuel, on peut aussi dire qu’il a transcendé le Seinen, même s’il n’est sans doute pas son créateur (bien qu’il ait donné les codes du genre).

Inépuisable et insatiable, il crée son propre studio d’anime en 1962, Mushi Production (mushi signifie insecte en japonais, car Tezuka en était fasciné) et fera des films tel que Astro Boy, adaptation de son manga le plus connu, ou autre manga d’abord publié sous la forme papier.

A 61 ans, il meurt prématurément, sans doute d’épuisement à cause de son acharnement pour son travail vu qu’il dessine en même temps plusieurs mangas et supervise plusieurs films d’animation, le neuf février 1989. Les funérailles de ce pape du Manga (ou Dieu du manga selon les personnes) seront du niveau de Victor Hugo en France.

Œuvres majeurs

Astro Boy (1952-1968)

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En l'an 2003, le monde est couvert par la technologie et la science, et les robots vivent en société avec les hommes. Au Japon, le respectable Docteur Tenma (« Déjà vu ») est une figure dominante des sciences, et a contribué à la modernisation du pays. Un jour, son fils unique, Tobio, se fait tuer dans un accident de voiture. Pris de désespoir et ne pouvant accepter cette perte, Tenma décida de faire bâtir un robot à l'image de son fils afin de le remplacer, et fut muni de super-pouvoirs pour qu'il ne soit plus victime de quelque accident. Bien que le nouveau Tobio s'humanisa et développa l'âme d'un garçon humain, Tenma se rendit compte qu'un robot ne pourrait jamais remplacer son fils après qu'il s'aperçut qu'il ne grandirait jamais comme un vrai enfant. Il le rejeta, le renia et le vendit à un cirque de robots dont le directeur était très cruel envers les artistes. Mais Tobio fut recueilli par un savant, le professeur Ochanomizu, qui le prit sous son aile et décida de faire de lui un super-héros, renommé Astro, qui combattra pour la paix, la justice et la tolérance dans un monde où les robots sont souvent objets de discrimination par les humains.

Ce manga a instauré les règles du Shonen actuel (Garçon aux pouvoirs surnaturels protecteur de la veuve et de l’orphelin, méchants diaboliques à la force croissantes...), ce qui en fait la référence ! Plus tard, Astro Boy sera rejoint par Ambassador Magma, autre super héros à la sauce Tezukienne moins connu en France.

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les japonais sont fous lorsqu’ils voient Astro Boy en figurine ou sur un quelconque support.

Notons aussi que l’univers presque futuriste du manga a inspiré (et inspire toujours) bon nombre d’auteur.

Malheureusement, pour nous autres français, Glénat qui en détenait les droits (depuis le temps ça a peut être changé) avait commencé la diffusion, avant de l’arrêter au tome 12 (alors que la série en compte 32 ; d’ailleurs c’est sans doute la plus longue aventure que Tezuka est faite, beaucoup étant des One Shot) à cause des mauvaises ventes (il faut dire aussi que c’était il y a dix ans, quand la folie des manga n’était pas encore apparue), il faudra donc attendre encore un peu pour connaître ce petit bijou du manga moderne.

Princesse Saphir (1953-1957)

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À sa naissance, une jeune princesse se voit attribuer par erreur deux cœurs, celui d'un homme et celui d'une femme. Ses parents le Roi et la Reine sont obligés de la faire passer pour un garçon afin qu'elle puisse hériter du trône. En revanche, l'ange inexpérimenté qui lui a donné deux cœurs doit lui reprendre le cœur masculin pour que tout rentre dans l'ordre…

Ce manga est l’une des œuvres majeurs de, Osamu Tezuka car c’est le premier shojo jamais écrit. On y trouve l’une des caractéristiques de ce type de manga, la « mascotte » kawaï incarnée ici par l’ange Tink.

Etant le précurseur du genre et étant un shojo avec une pointe de travestissement, son scénario n’a rien de révolutionnaire (« Prince Saphir » va tomber amoureux d’un bô jeune homme... vous voyez le tableau quoi !) si ce n’est qu’il a tout inventé, ce qui en fait un manga culte qui a laissé son empreinte dans beaucoup d’histoire de shojo actuelle.

Avec seulement deux mangas, Osamu Tezuka a marqué profondément tous les mangas actuels, ce qui montre bien son génie.

Unico (1976-1979)

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Dans la Grèce antique, la déesse Vénus est jalouse de la belle humaine Psche qui attire plus les regards qu'elle. Elle est protégée par une petite licorne bleue à crinière rouge, Unico, qui possède des pouvoirs magiques. Voyant là son point faible, Vénus envoie la femme-vent, Zéphyrus, emmener Unico à travers l'espace-temps, où le petit équidé se retrouvera dans des mondes différents.

Pourquoi parler de ce manga plutôt qu’un autre ? Puisque c’est le deuxième shojo que l’auteur a fait, se concentrant surtout sur des situations un peu cul-cul la praline (j’aime cette expression^^), mais d’une variété faisant penser à Phénix (voir plus bas), et toujours quelque part un animal (une souris, un chaton) à l’aspect extrêmement kawaï (la preuve, je ne l’ai lu seulement pour voir d’autres bestioles à la tronche toujours plus chou^^).

Phénix (1956-1989)

Il n’y a pas d’histoire à proprement parler dans ce manga, c’est surtout une série de nouvelles s'étendant sur plus de 4000 ans et qui ont un point en commun : le phénix, oiseau de feu légendaire dont le sang rendant immortel attire la convoitise des Hommes. On y retrouve aussi la descendance de Saruta, japonais condamnés ainsi que sa famille à de grandes souffrances. On y voit le Japon médiéval, les villes futuristes (la science fiction dans les mangas doit beaucoup à Tezuka), l’espace...

C’est l’œuvre à laquelle Tezuka a consacré toute sa vie, la preuve en est qu’il a mis 33 ans à la terminer. Il est amusant de voir que l’auteur se fait lui-même des clins d’œil en faisant apparaître le docteur Black Jack, les histoires ont beau être bien distinctes, certains personnages apparaîtront dans plusieurs nouvelles.

La variété des situations, le nombre de protagonistes, l’émotion transmise par l’auteur au moyen de codes graphiques dans les cases... tout cela fait de Phénix l’une des plus belle histoire de Maître Osamu Tezuka.

A noter que chaque volume paru peut se lire indépendamment des autres.

Le Roi Léo (1950-1954)

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Le petit Léo est un lionceau, fils du roi de la jungle. Il poursuit un parcours pour devenir à son tour digne du trône, mais le chemin est parsemé d’embûches, tel que les braconniers.

Un magnifique manga, qui aura inspiré les studios Disney pour leur film du Roi Lion (pourquoi croyez vous que c’est le meilleur Disney jamais réalisé ? u__u), dont les messages véhiculés (la protection de la nature et des animaux, le vice sous la forme des hommes avides de richesse etc.) sont tous simplement merveilleux et presque initiatique pour les plus petits.

A l’image de la mort de Mufasa (moment le plus émouvant, tous les Disney confondus), la fin de ce manga est tellement triste mais aussi tellement magnifique que l’on voit que la force de narration de Osamu Tezuka est sans limite.

Aussi, en peu de pages (trois volumes, ce n’est pas ce qui se fait de plus long, surtout aujourd’hui), il arrive à créer tout un univers et à le faire vivre de manière très réaliste (ce qui donne toute l’émotion évidement).

Black Jack (1973-1983)

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Kuro Hazama, plus connu sous le nom de Black Jack, est le plus brillant chirurgien au monde. Son seul problème est de n’avoir aucun diplôme (on appelle cela un médecin marron) et de demander des sommes exorbitantes à ces patients, considérant comme n’importe quel médecin que la vie n’a pas de prix. Mais même si son génie est sans limite, il ne peut prétendre maîtriser la vie, et en fait parfois l’expérience.

Avec celui là, Tezuka s’attaque au Seinen, en le rendant beaucoup plus accessible. Les interventions du Docteur se feront toujours en un chapitre, ni plus, ni moins, montrant une très grande diversité de situation dans lesquels il se montrera (à 99%) très habile à sauver les vie humaine, même lorsqu’il s’agit de la sienne (l’épisode dans le désert australien est mémorable), et le fil de l’histoire ne se dévoilera que très tardivement et ne prendra jamais vraiment la part du gâteau qu’on lui aurait souhaité. Même, au fur et à mesure, Black Jack montrant une telle virtuosité, les interventions laisse la part aux problèmes entourant certaines opérations (à partir de ce moment, le passage au bloc commence en général juste à la fin du chapitre, et ne donne pas la suite) et l’on retrouve encore une fois la dimension humaine si chère à l’auteur, comme la question du devoir d’un docteur envers son patient.

Avec le « Docteur » Black Jack, il y a aussi l’apparition des beau héros ténébreux et solitaires (comme Squall Leonheart de Final Fantasy VIII qui lui doit beaucoup, même la cicatrice de ce héros est emprunté à la marque de Kuro^^).

On sent aussi que l’auteur a fait des études de médecine

Décidément, on découvre que Tezuka a laissé un héritage énorme^^.

La vie de Bouddha (1974-1984)

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Comme l’indique le titre, c’est l’histoire de Bouddha, revu et corrigé par l’auteur, et mettant en place l’avant de sa naissance, sa mort, son éveil, ses prêches et toutes les personnes autour de lui.

Encore un nouveau genre se crée avec ce manga, le « manga zen », où la violence est quasiment absente, où alors est présente à un certain moment pour contraster avec le reste, et marquer un temps fort. On peut aussi dire que c’est un manga quasiment philosophique et culturel, donnant l’enseignement du prophète bouddhiste.

Ce n’est pas coutume mais Tezuka insuffle une grande émotion à travers ses personnages (certains, considéré comme méchant au début, montreront que le manga n’est pas si manichéen, quasiment une première !), le rythme est assez lent, les péripéties avancent peu à peu, sans jamais vraiment se bousculer. La preuve en est que Bouddha mettra plus d’un volume à vraiment apparaître et cinq ou six chapitres avant de naître.

Même, l’auteur apporte un bouffé d’air frais en mettant en place des petits gags, très peu subtils, tel que l’anachronisme des médecins.

L’Histoire des trois Adolf (1983-1985)

Pendant la Seconde Guerre Mondial, deux enfants habitants au Japon sont les meilleurs amis du monde : L’un, Adolf Kamil, fils de boulangers juifs et émigré allemand, et l’autre, Adolf Kaufman, fils d’un diplomate nazi allemand et d’une femme japonaise. Ce dernier est envoyé malgré lui dans les jeunesses hitlériennes.

De son côté, Sohei Togé, journaliste japonais venu en Allemagne pendant les J.O de 1936, est à la recherche de documents secrets concernant la naissance d’Adolf Hitler, et qui pourraient mettre en péril le Troisième Reich.

Cette fois, le manga nous plonge dans un contexte historique, avec à la clé de véritables faits tel que l’espion Ramsey qui aurait permis grâce à des informations à l’URSS de résister face au Japon et à l’Allemagne nazie, et cela montre que l’art du récit de Tezuka est totalement maîtrisé dans l’espace et le temps.

Dans ce manga, qui est l’un de ces derniers, l’humour a disparu, laissant un monde ravagé par la guerre, quasiment étouffant et oppressant (la métaphore des violons lorsque Kaufman a tué un musicien juif est très bien utilisée), avec une histoire construite presque comme une tragédie (sauf que l’action est un peu plus déroulée et moins compacte^^).

Même s’il prend des libertés scénaristiques (un exemple ? La mort d’Hitler qui ne doit pas être conforme à la vérité^^), le tout est très cohérent, même la fin est annoncée dès le début.

La descente aux enfers des deux amis est sublime dans son traitement, pas de raccourci, toute la chute est explicable par des mécanismes simplement et efficace.

Caractéristiques graphiques :

Le jeu des cases

L’une des premières choses qui frappe lorsqu’on lit un Tezuka, c’est l’utilisation des cases et leur intégration dans le récit. Plusieurs exemples sont visibles dans Black jack où les interventions chirurgicales sont dans des cases très petites et découpées, comme si elles étaient elles même opérées ; dans la vie de Bouddha où Tatta, autrefois esclave, détruit les cases environnantes pour montrer sa fureur, ce qui prouve son étonnante fureur destructrice ; dans Phénix, l’un des planches montre sur le côté une succession de cases très étroites, rappelant la sinuosité de la route.

Le plus souvent, les personnages s’amusent dans ces cases (exemple avec les professeurs qui se cognent aux quatre coins de la case), se révoltent, narguent l’auteur, comme si Tezuka voulait nous dire que ce n’est pas lui qui fait vivre ces personnages, mais que ces personnages vivent d’eux même, sans maître pour les diriger.

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Illustration de Black Jack

La force des décors 

Ensuite, nous pouvons voir que les décors et les environnements qui entourent les personnages révèlent leur état d’esprit.

Dans la nouvelle de Crime et Châtiment (revisité car c’était l’un des romans préférés de Tezuka lorsqu’il était étudiant), la décision de Raskolnikov d’avouer son crime est dramatiser par une case silencieuse, haute et verticale où le personnage descend une vertigineuse volée de marches (voir ci-dessous).

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Dans Phénix, on voit une case où les deux personnages sont dans le coin en bas à droite de l’image, cernés par le noir qui recouvre toute la planche, montrant la tristesse de l’un des deux protagonistes, sans qu’aucunes paroles ne soient prononcées.

Tout est une question de cadrage

Le cadrage est quelque chose que tout bon dessinateur se doit de le maîtriser, mais Tezuka a une façon bien particulière de l’utiliser vu que beaucoup de plans sont assez cinématographiques, comme s’il y avait une caméra à la place de la case. La preuve la plus flagrante est avec la Nouvelle Ile aux Trésors (voir ci-dessous).

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On remarque aussi que dans les moments d’empoignades, Black Jack est toujours cadré à partir du sol, montrant une supériorité certaine sur ces adversaires, ce qui lui donne une classe folle.

Visages familiers

Lorsque l’on dit que Tezuka est le Dieu du manga, ce n’est pas du tout exagéré : les gros yeux qui font que les personnages sont beaucoup plus expressifs, c’est de lui que ça vient (enfin, il ne l’a pas fait évoluer jusqu’au point où les yeux prennent les trois quart de la tête comme dans certaines productions actuelles...). Il est fort probable que la goutte de sueur et la veine de colère qui sont des codes graphiques typiquement du manga (et qui montre, seulement avec ça, ce que pense le personnage) viennent aussi de lui.

Aussi, il y a une réelle envie de donner une identité à chacun de ses personnages en faisant un visage différent par bien des points : le nez, la forme de visage, le menton, les yeux, la coiffure (qui à l’époque n’était pas aussi extravagante que maintenant^^), les oreilles, les joues... Tout cela est important et permet de remettre un nom à tous ces personnages. Cependant, Tezuka s’amuse aussi à faire intervenir à droite et à gauche un personnage à la moustache blanche et allongée, petit et trapu. L’un des personnages que l’on retrouve toujours, dans la quasi-totalité des œuvres du Maître.

Il aime aussi se faire intervenir dans chacune des histoires, faisant un brève passage, souvent comique (on le reconnaît facilement à son béret et son gros nez^^)

Thèmes récurrents :

La protection de l’environnement

Inutile de le dire, mais Tezuka était un grand écolo de son temps. Rien, qu’à voir la façon dont sont traités les animaux le prouve : intelligence et bonté hors du commun (Le Roi Léo en est un exemple magnifique), toujours à aider les héros (et réciproquement les héros les aident, comme dans Black Jack).

Les endroits isolés, loin de la ville, sont toujours des havres de paix (même si les paysans sont souvent louches et rustres, contrastant ainsi avec le monde animal). Certes, aucun auteur sur Terre se revendique de la destruction des lapins, mais il y a toujours une certain touche (la « Tezuka Tuch » on va dire) qui fait que c’est différent (et puis, n’oublions pas que Tezuka a dessiné dans les années 1960, soit presque avant tous le monde^^).

Les délais

Amusant de voir que Tezuka s’auto caricature en se mettant en scène, avec son bonnet et son gros nez. Mais le plus drôle est de voir ce qu’il dit, toujours à se lamenter sur ces délais en tant que dessinateur, comme s’il était oppressé par ses éditeurs. Cependant, ne les prenons pas pour des bourreaux, c’est aussi parce que Tezuka avait une grande soif de transmettre ses émotions et sa culture qu’il s’est épuisé à la tâche, même si ça devait revenir bien souvent ces histoires de délais (en même temps, faire une dizaine de manga en même temps ne devait pas aider^^).

La guerre

Bien que cela se voie surtout dans ces derniers mangas, ce sujet est toujours omniprésent. Sans doute parce que l’auteur l’a lui-même vécu, c’est toujours de façon poignante qu’il la met en œuvre, et l’on ressent le vécu. Ce qui serait le plus évident est dans l’Histoire des Trois Adolf, la dernière partie où l’on voit la fin de la guerre au Japon, avec Hiroshima et Nagasaki qui sont bombardées, et où la vue des cadavres rendraient presque malades, on sent vraiment que l’auteur a vu ça de ses yeux, et ça fait mal.

Le viol

Je ne sais pas si c’est moi qui aie cette impression, mais c’est une véritable obsession chez Osamu Tezuka. Deux  de ces Seinen les plus sombres (L’histoire des Trois Adolf et MW) en comporte chacun un, tous deux très choquants et qui font un véritable pincement au cœur pour la victime (j’ai même refermé le manga envoyant la scène des Trois Adolf tellement j’ai été pris).

Certes, ce thème est abordés très peu de fois, mais il est troublant de le voir à deux reprises, toujours calqué sur le même schéma (une femme est seule chez elle, une de ses connaissances, un homme sinon ça aurait tourné à l’hentaï, vient lui rendre visite et verrouillant  la  porte et il abuse d’elle profitant de sa force).

Influences 

Il aurait été malhonnête de dire que l’univers que Osamu Tezuka a crée vient seulement de son imagination, il s’est aussi inspiré de bon nombre d’artistes et écrivains pour faire tous ces mangas.

Le premier et le plus important est sans doute Walt Disney, qui a véritablement donné sa vocation au jeune Tezuka, lorsque ce dernier a vu les dessins animées en noir et blanc tel que Steamboat Willie et autres. On retrouve d’ailleurs un certain style qui pourrait ressembler à Walt Disney, mais rien de très flagrant car c’est surtout pour ces vues cinématographiques qu’il s’en ait inspiré.

Ce qui saute le plus aux yeux est dans Metropolis où l’auteur caricature ouvertement la souris de Walt, en donnant la même tête à des rongeurs géants, parodiant ainsi son maître.

Il existe aussi de nombreux auteurs qui ont influencé non pas par leurs dessins, mais par leurs histoires. En effet, sur les 400 œuvres de Tezuka, une très grande partie (sans doute 250 au bas mot) est une reprise de grands romans, ce qui prouve aussi la très grande culture littéraire de Osamu Tezuka, comme l’Ile au Trésor de Stevenson ou Crimes et Châtiments de Doïstoveski.

On peut aussi ajouter qu’il se serait inspiré du film de Fritz Lang, Metropolis, pour créer à son image un manga qui porterait le même titre, mais dont l’histoire était complètement différente car le jeune Tezuka n’avait pas pu aller voir ce Dessin animé lors de sa sortie.

Les enfants de Tezuka

Naoki Urasawa

Ce qui frappe surtout les deux auteurs, c’est la valeur accordée aux sentiments et au développement de personnages « non-creux ». Il est aussi amusant de voir que les deux ont une façon différente de procéder :

Pour Osamu Tezuka, c’est souvent à coup d’images symboliques, avec peu de narration, et en un enchaînement très rapide (ce qui est la preuve d’une très grande qualité littéraire). Alors que pour son disciple, la pensée des personnages sera toujours exprimée concrètement, sans utilisations graphiques et aussi par un développement des situations (cela peut prendre un chapitre pour montrer la puissance émotionnelle d’un protagoniste, alors que Tezuka enchaînera beaucoup plus rapidement).

S’ils sont si différents par le traitement du même sujet, pourquoi faire un rapprochement ? Parce que, tout simplement, on retrouve chez les deux auteurs l’Allemagne, ce qui n’est pas franchement courrant dans un manga. Voilà pourquoi ils sont si proches, avec un même sujet et deux façon de l’aborder

Gosho Aoyama

On remarque surtout cette influence lorsqu’on lit Black Jack de Tezuka. On trouve alors aisément que le rythme binaire des deux mangas (Détective Conan pour ceux qui ne connaisse pas^^) est semblable : un chapitre pour une affaire dans Black Jack, trois pour une affaire dans Conan. Sans compter que la diversité des situations est bien mise en valeur, montrant que Tezuka est un ancien étudiant de médecine et que Aoyama est un féru de romans policiers.

Yukito Kishiro et Katsuhiro Otomo

En parlant de ces deux mangakas (de génie), j’aborde un même sujet qui vient de Tezuka : la science-fiction (et surtout son apologie).

En regardant Metropolis et Astro Boy, on voit que la technologie et les robots n’apporteront rien de bon au monde, et le mèneront à sa perte (la morale de Metropolis est assez explicite). La menace nucléaire est toujours présente, ce qui revient au thème récurrent de la guerre avec Hiroshima et Nagasaki.

Rien qu’avec cela, on peut les considérer comme des enfants du Dieu du manga.

Naoko Takeuchi et Rumiko Takahashi

Il n’est pas exagéré de dire que Princesse Saphir a énormément influencé sur ces deux mangakas (respectivement auteur de Sailor Moon et Ranma 1/2) avec un sujet qui est le travestissement et l’androgynie, qui sont les fondements du Shojo actuel.

Même si ce ne sont pas les seules, ce sont les deux plus connues dans ce domaine, mais n’oublions pas le nombre de mangakas qui sont les enfants de Tezuka en s’inspirant de cela.

Les studios Disney

Tezuka étant mort, les studios Disney, qui avait inspiré eux même, mais lors du vivant du fondateur, le Dieu du manga. Juste retour des choses ? Possible, même si une pétition avait circulé à la sortie du Roi Lion pour que Disney admette qu’ils s’étaient inspirés de Osamu Tezuka. Mais bon, ça ne changera rien au fait que le Roi Lion est le meilleur dessin animé Disney, et Le Roi Léo l’un des meilleurs de Tezuka, comme quoi.

Hayao Miyasaki

Il se revendique lui-même successeur de Tezuka, avec des thèmes cher de son maître comme la menace atomique et la protection de l’environnement, mis en valeur dans Nausicaa par exemple.

Même s’il le vénère, cela ne l’aura pas empêché de concurrencer Astro Boy avec Ken l’enfant loup, bien que le succès de ce dernier soit nettement inférieur.

Aussi, il redonnera une nouvelle jeunesse à certains personnages comme Sherlock Holmes ou le Chat Botté.

Ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme le néo-Tezuka aujourd’hui, montrant que l’homme au bonnet a laissé un héritage très impressionnant et ancré dans la culture japonaise.

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08 décembre 2006

Le Grand Quizz D.Gray Man !

D

Petit jeu : retrouvez à quels mangas appartiennent ces fragments de synopsis ^0^

A) Un jeune garçon, à la suite d’un incident dans sa petite enfance, trouve ses membres modifiés, mais acquiert un pouvoir qui le distingue de la caste militaire particulière qu’il vient d’intégrer. Dans un monde occidental à l’atmosphère relativement gothique/victorienne, et fortement parfumé aux références religieuses, il réalise que cette caste ne fait pas que le « bien » ou le fait selon des méthodes qui ne lui conviennent pas toujours. Néanmoins, épaulé par son amie/amoureuse d’enfance et hanté par le douloureux souvenir de sa tentative ratée de résurrection parentale, il réussira à progresser dans la voie qu’il s’est choisi … L’humour sera en grande partie apportée par un de ses supérieurs, un binoclard sympathique et complètement gaga d’une fille placée sous sa responsabilité(sa fille/sa sœur).

1)Full Métal Alchimist.( Arakawa Hiromu. Publié chez Kurokawa)

2) D.Gray-man (Hoshino Katsura. Publié chez glénat)

3)Les deux

B) Adolescent, il peut voir ce que les autres ne voient pas. Dans son épopée pour protéger ceux qui lui sont chers, il devra combattre des monstres biscornus qui sont en réalité autant d’âmes humaines dépassées par leurs sentiments les plus noirs et subissant des métamorphoses évolutives augmentant leur pouvoirs. La manifestions des pouvoirs du héros subira également pléthore de transformations physiques, toutes l’occasion de prendre des poses de « regardez j’en ai un gros » (sabre/bras)

1)      Bleach (Tite Kubo. Publié chez glénat)

2)      D.Gray-Man (Hoshino Katsura)

3)      Les deux

Ceux qui sont un peut habitués au manga le savent, la présence dans la même phrase d’un synonyme de « ressemble à » et du titre d’un shonen n’est pas bon signe. Généreusement abreuvé à la source de  Full Metal Alchimist  et  Bleach  D.Gray Man souffre de la comparaison. Shonen très « premier degré » (sauf dans le look du méchant ultime, qui a tout du toon et affectionne les hauts-de-forme), il n’a pas l’ironie du bleach des débuts ni l’originalité d’un FMA , et lorsqu’il veut développer son ambiance un peu « dark » il tombe dans les classiques mélodrames tire-larme étirés à l’infinie. On y trouve, en plus, l’ultime bastion du prétexte scénaristique éculé: la prophétie. Aussi sympathique que soit son héro, les grosses ficelles qui le rendent classieux  ont un lourd goût de déjà-vu, et on est parfois un peu lassé de le voir être tenace/buté/poseur/près à tout pour ses amis. Coté personnage, la galerie sent un peu la naphtaline.

_Un archétype du rival ténébreux que-si-tu-le-vois-en-vrais-je-te-donne-deux-minutes-avant-que-tout-le-monde-ne-lui-enfonce-la-tronche-dans-les-toilettes-parcque-c’est-pas-dieux-possible-d’être-à-ce-point-une-tête-à-claques (genre Tao Ren, on va continuer sur shaman king ça marche bien)

_ Un petit rigolos au look street-wear (Horohoro, vous connaissez)

_ Une jeune femme toujours dépressive, prête à dire qu’elle ne vaut rien et à bader a mort, sosie de la mère du singe dans Fruit Basket.

_ La petite copine du héro (innovation Loréal : elle se bat toute seule, même qu’elle sauve des gents et pas que des mamies et des chiens perdus. En plus il s'en faut de peu qu'elle ne fasse des combats normaux

= Bon point.

Mais elle est limite médium, fait des cauchemars, ambiance « l’apocalypse est proche et j’en rêve la nuit » et pleur souvent

= Mauvais point. Cliché a mort)

Même le dessin fait penser à du simili Hikaru no go, et pour cause l’auteur a été assistant aux cotés d’Obata. Ca ne vaut pas l’original, mais pour un premier manga, c’est chouette. On apprécie surtout la clarté des scènes d’action. 

Le chara design lui aussi est sympa sans casser des  briques. Dans un univers imaginaire (là encor trop proche de FMA), on aurait pu espérer plus de fantaisie, ne serait-ce que pour parvenir à se démarquer de son modèle. Il faut rappeler que le tatouage facial n’a plus rien de novateur et que les capes « sephirot-like » on fait leur temps.

Pour conclure, D Gray man est efficace. Des méchants polymorphes, un univers qui s’enrichit ; des super pouvoirs trop mortels de dieu ; un héro plutôt réussi ( même s’il emprunte beaucoup trop à Edouard de Full Metal Alchimist pour être honnête (jusqu’aux running gags sur son coté nabot -_-‘’)); des méchants biens méchants (mention spéciale à Rhode, mignonne tout plein. ) ; une jolie héroïne n’ayant jamais porté de toute sa vie que des minijupes, des crucifix et du noir partout :

Il s’agit là d’un shonen dynamique avec une esthétique un peu goth en plein dans la mode et pas plus tarte qu’un autre. D.Gray-Man serait donc un bon cru du genre s’il prenait simplement la peine de développer le minimum syndical d’originalité. Mais voilà, impossible de se défaire de l'impression que  le mangaka s’est passé de tout effort.

A offrir à votre cousin, celui qui écoute Slipknot et débute dans le manga. Ou à vous si vous êtes en manque grave de shonen. Mais par acquis de conscience, privilégiez Full Metal Alchimist : Le manga est en cours de publication, il est drôle, il propose d’autres rebondissements que de la série animée sans perdre en qualité et les idées qu’on trouve dedans viennent vraiment de son auteur, ce qui reste, à mon avis, la base.

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Posté par Flies à 19:42 - - Commentaires [7] - Permalien [#]