Biographie

(1928-1989).

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Né le trois novembre 1928 dans la préfecture d’Osaka, encore enfant, il décidera de sa vocation après avoir vu les premiers dessins animés de Walt Disney.

C’est en 1946, pendant ces études de médecine à l’Université d’Osaka, qu’il publie ses premiers mangas et l’année suivante marque le début de son succès grâce à son manga de La Nouvelle Île au Trésor qui fera l’effet d’un électrochoc sur beaucoup de futur mangaka, notamment grâce à quatre ou cinq planches extrêmement cinématographique où chaque case se rapproche du visage du personnage principal, donnant l’impression que la case est une caméra.

Il continue ensuite à créer plusieurs dizaines de mangas (et encore, son œuvre complète doit faire pas moins de 400 volumes reliés !) créant par la même occasion beaucoup de genre, devenu des standard du manga, comme le Shojo (oui oui, Tezuka a beau être un homme, il est le créateur de ce genre dont sont friandes les jeunes filles) et le Shonen actuel, on peut aussi dire qu’il a transcendé le Seinen, même s’il n’est sans doute pas son créateur (bien qu’il ait donné les codes du genre).

Inépuisable et insatiable, il crée son propre studio d’anime en 1962, Mushi Production (mushi signifie insecte en japonais, car Tezuka en était fasciné) et fera des films tel que Astro Boy, adaptation de son manga le plus connu, ou autre manga d’abord publié sous la forme papier.

A 61 ans, il meurt prématurément, sans doute d’épuisement à cause de son acharnement pour son travail vu qu’il dessine en même temps plusieurs mangas et supervise plusieurs films d’animation, le neuf février 1989. Les funérailles de ce pape du Manga (ou Dieu du manga selon les personnes) seront du niveau de Victor Hugo en France.

Œuvres majeurs

Astro Boy (1952-1968)

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En l'an 2003, le monde est couvert par la technologie et la science, et les robots vivent en société avec les hommes. Au Japon, le respectable Docteur Tenma (« Déjà vu ») est une figure dominante des sciences, et a contribué à la modernisation du pays. Un jour, son fils unique, Tobio, se fait tuer dans un accident de voiture. Pris de désespoir et ne pouvant accepter cette perte, Tenma décida de faire bâtir un robot à l'image de son fils afin de le remplacer, et fut muni de super-pouvoirs pour qu'il ne soit plus victime de quelque accident. Bien que le nouveau Tobio s'humanisa et développa l'âme d'un garçon humain, Tenma se rendit compte qu'un robot ne pourrait jamais remplacer son fils après qu'il s'aperçut qu'il ne grandirait jamais comme un vrai enfant. Il le rejeta, le renia et le vendit à un cirque de robots dont le directeur était très cruel envers les artistes. Mais Tobio fut recueilli par un savant, le professeur Ochanomizu, qui le prit sous son aile et décida de faire de lui un super-héros, renommé Astro, qui combattra pour la paix, la justice et la tolérance dans un monde où les robots sont souvent objets de discrimination par les humains.

Ce manga a instauré les règles du Shonen actuel (Garçon aux pouvoirs surnaturels protecteur de la veuve et de l’orphelin, méchants diaboliques à la force croissantes...), ce qui en fait la référence ! Plus tard, Astro Boy sera rejoint par Ambassador Magma, autre super héros à la sauce Tezukienne moins connu en France.

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les japonais sont fous lorsqu’ils voient Astro Boy en figurine ou sur un quelconque support.

Notons aussi que l’univers presque futuriste du manga a inspiré (et inspire toujours) bon nombre d’auteur.

Malheureusement, pour nous autres français, Glénat qui en détenait les droits (depuis le temps ça a peut être changé) avait commencé la diffusion, avant de l’arrêter au tome 12 (alors que la série en compte 32 ; d’ailleurs c’est sans doute la plus longue aventure que Tezuka est faite, beaucoup étant des One Shot) à cause des mauvaises ventes (il faut dire aussi que c’était il y a dix ans, quand la folie des manga n’était pas encore apparue), il faudra donc attendre encore un peu pour connaître ce petit bijou du manga moderne.

Princesse Saphir (1953-1957)

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À sa naissance, une jeune princesse se voit attribuer par erreur deux cœurs, celui d'un homme et celui d'une femme. Ses parents le Roi et la Reine sont obligés de la faire passer pour un garçon afin qu'elle puisse hériter du trône. En revanche, l'ange inexpérimenté qui lui a donné deux cœurs doit lui reprendre le cœur masculin pour que tout rentre dans l'ordre…

Ce manga est l’une des œuvres majeurs de, Osamu Tezuka car c’est le premier shojo jamais écrit. On y trouve l’une des caractéristiques de ce type de manga, la « mascotte » kawaï incarnée ici par l’ange Tink.

Etant le précurseur du genre et étant un shojo avec une pointe de travestissement, son scénario n’a rien de révolutionnaire (« Prince Saphir » va tomber amoureux d’un bô jeune homme... vous voyez le tableau quoi !) si ce n’est qu’il a tout inventé, ce qui en fait un manga culte qui a laissé son empreinte dans beaucoup d’histoire de shojo actuelle.

Avec seulement deux mangas, Osamu Tezuka a marqué profondément tous les mangas actuels, ce qui montre bien son génie.

Unico (1976-1979)

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Dans la Grèce antique, la déesse Vénus est jalouse de la belle humaine Psche qui attire plus les regards qu'elle. Elle est protégée par une petite licorne bleue à crinière rouge, Unico, qui possède des pouvoirs magiques. Voyant là son point faible, Vénus envoie la femme-vent, Zéphyrus, emmener Unico à travers l'espace-temps, où le petit équidé se retrouvera dans des mondes différents.

Pourquoi parler de ce manga plutôt qu’un autre ? Puisque c’est le deuxième shojo que l’auteur a fait, se concentrant surtout sur des situations un peu cul-cul la praline (j’aime cette expression^^), mais d’une variété faisant penser à Phénix (voir plus bas), et toujours quelque part un animal (une souris, un chaton) à l’aspect extrêmement kawaï (la preuve, je ne l’ai lu seulement pour voir d’autres bestioles à la tronche toujours plus chou^^).

Phénix (1956-1989)

Il n’y a pas d’histoire à proprement parler dans ce manga, c’est surtout une série de nouvelles s'étendant sur plus de 4000 ans et qui ont un point en commun : le phénix, oiseau de feu légendaire dont le sang rendant immortel attire la convoitise des Hommes. On y retrouve aussi la descendance de Saruta, japonais condamnés ainsi que sa famille à de grandes souffrances. On y voit le Japon médiéval, les villes futuristes (la science fiction dans les mangas doit beaucoup à Tezuka), l’espace...

C’est l’œuvre à laquelle Tezuka a consacré toute sa vie, la preuve en est qu’il a mis 33 ans à la terminer. Il est amusant de voir que l’auteur se fait lui-même des clins d’œil en faisant apparaître le docteur Black Jack, les histoires ont beau être bien distinctes, certains personnages apparaîtront dans plusieurs nouvelles.

La variété des situations, le nombre de protagonistes, l’émotion transmise par l’auteur au moyen de codes graphiques dans les cases... tout cela fait de Phénix l’une des plus belle histoire de Maître Osamu Tezuka.

A noter que chaque volume paru peut se lire indépendamment des autres.

Le Roi Léo (1950-1954)

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Le petit Léo est un lionceau, fils du roi de la jungle. Il poursuit un parcours pour devenir à son tour digne du trône, mais le chemin est parsemé d’embûches, tel que les braconniers.

Un magnifique manga, qui aura inspiré les studios Disney pour leur film du Roi Lion (pourquoi croyez vous que c’est le meilleur Disney jamais réalisé ? u__u), dont les messages véhiculés (la protection de la nature et des animaux, le vice sous la forme des hommes avides de richesse etc.) sont tous simplement merveilleux et presque initiatique pour les plus petits.

A l’image de la mort de Mufasa (moment le plus émouvant, tous les Disney confondus), la fin de ce manga est tellement triste mais aussi tellement magnifique que l’on voit que la force de narration de Osamu Tezuka est sans limite.

Aussi, en peu de pages (trois volumes, ce n’est pas ce qui se fait de plus long, surtout aujourd’hui), il arrive à créer tout un univers et à le faire vivre de manière très réaliste (ce qui donne toute l’émotion évidement).

Black Jack (1973-1983)

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Kuro Hazama, plus connu sous le nom de Black Jack, est le plus brillant chirurgien au monde. Son seul problème est de n’avoir aucun diplôme (on appelle cela un médecin marron) et de demander des sommes exorbitantes à ces patients, considérant comme n’importe quel médecin que la vie n’a pas de prix. Mais même si son génie est sans limite, il ne peut prétendre maîtriser la vie, et en fait parfois l’expérience.

Avec celui là, Tezuka s’attaque au Seinen, en le rendant beaucoup plus accessible. Les interventions du Docteur se feront toujours en un chapitre, ni plus, ni moins, montrant une très grande diversité de situation dans lesquels il se montrera (à 99%) très habile à sauver les vie humaine, même lorsqu’il s’agit de la sienne (l’épisode dans le désert australien est mémorable), et le fil de l’histoire ne se dévoilera que très tardivement et ne prendra jamais vraiment la part du gâteau qu’on lui aurait souhaité. Même, au fur et à mesure, Black Jack montrant une telle virtuosité, les interventions laisse la part aux problèmes entourant certaines opérations (à partir de ce moment, le passage au bloc commence en général juste à la fin du chapitre, et ne donne pas la suite) et l’on retrouve encore une fois la dimension humaine si chère à l’auteur, comme la question du devoir d’un docteur envers son patient.

Avec le « Docteur » Black Jack, il y a aussi l’apparition des beau héros ténébreux et solitaires (comme Squall Leonheart de Final Fantasy VIII qui lui doit beaucoup, même la cicatrice de ce héros est emprunté à la marque de Kuro^^).

On sent aussi que l’auteur a fait des études de médecine

Décidément, on découvre que Tezuka a laissé un héritage énorme^^.

La vie de Bouddha (1974-1984)

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Comme l’indique le titre, c’est l’histoire de Bouddha, revu et corrigé par l’auteur, et mettant en place l’avant de sa naissance, sa mort, son éveil, ses prêches et toutes les personnes autour de lui.

Encore un nouveau genre se crée avec ce manga, le « manga zen », où la violence est quasiment absente, où alors est présente à un certain moment pour contraster avec le reste, et marquer un temps fort. On peut aussi dire que c’est un manga quasiment philosophique et culturel, donnant l’enseignement du prophète bouddhiste.

Ce n’est pas coutume mais Tezuka insuffle une grande émotion à travers ses personnages (certains, considéré comme méchant au début, montreront que le manga n’est pas si manichéen, quasiment une première !), le rythme est assez lent, les péripéties avancent peu à peu, sans jamais vraiment se bousculer. La preuve en est que Bouddha mettra plus d’un volume à vraiment apparaître et cinq ou six chapitres avant de naître.

Même, l’auteur apporte un bouffé d’air frais en mettant en place des petits gags, très peu subtils, tel que l’anachronisme des médecins.

L’Histoire des trois Adolf (1983-1985)

Pendant la Seconde Guerre Mondial, deux enfants habitants au Japon sont les meilleurs amis du monde : L’un, Adolf Kamil, fils de boulangers juifs et émigré allemand, et l’autre, Adolf Kaufman, fils d’un diplomate nazi allemand et d’une femme japonaise. Ce dernier est envoyé malgré lui dans les jeunesses hitlériennes.

De son côté, Sohei Togé, journaliste japonais venu en Allemagne pendant les J.O de 1936, est à la recherche de documents secrets concernant la naissance d’Adolf Hitler, et qui pourraient mettre en péril le Troisième Reich.

Cette fois, le manga nous plonge dans un contexte historique, avec à la clé de véritables faits tel que l’espion Ramsey qui aurait permis grâce à des informations à l’URSS de résister face au Japon et à l’Allemagne nazie, et cela montre que l’art du récit de Tezuka est totalement maîtrisé dans l’espace et le temps.

Dans ce manga, qui est l’un de ces derniers, l’humour a disparu, laissant un monde ravagé par la guerre, quasiment étouffant et oppressant (la métaphore des violons lorsque Kaufman a tué un musicien juif est très bien utilisée), avec une histoire construite presque comme une tragédie (sauf que l’action est un peu plus déroulée et moins compacte^^).

Même s’il prend des libertés scénaristiques (un exemple ? La mort d’Hitler qui ne doit pas être conforme à la vérité^^), le tout est très cohérent, même la fin est annoncée dès le début.

La descente aux enfers des deux amis est sublime dans son traitement, pas de raccourci, toute la chute est explicable par des mécanismes simplement et efficace.

Caractéristiques graphiques :

Le jeu des cases

L’une des premières choses qui frappe lorsqu’on lit un Tezuka, c’est l’utilisation des cases et leur intégration dans le récit. Plusieurs exemples sont visibles dans Black jack où les interventions chirurgicales sont dans des cases très petites et découpées, comme si elles étaient elles même opérées ; dans la vie de Bouddha où Tatta, autrefois esclave, détruit les cases environnantes pour montrer sa fureur, ce qui prouve son étonnante fureur destructrice ; dans Phénix, l’un des planches montre sur le côté une succession de cases très étroites, rappelant la sinuosité de la route.

Le plus souvent, les personnages s’amusent dans ces cases (exemple avec les professeurs qui se cognent aux quatre coins de la case), se révoltent, narguent l’auteur, comme si Tezuka voulait nous dire que ce n’est pas lui qui fait vivre ces personnages, mais que ces personnages vivent d’eux même, sans maître pour les diriger.

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Illustration de Black Jack

La force des décors 

Ensuite, nous pouvons voir que les décors et les environnements qui entourent les personnages révèlent leur état d’esprit.

Dans la nouvelle de Crime et Châtiment (revisité car c’était l’un des romans préférés de Tezuka lorsqu’il était étudiant), la décision de Raskolnikov d’avouer son crime est dramatiser par une case silencieuse, haute et verticale où le personnage descend une vertigineuse volée de marches (voir ci-dessous).

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Dans Phénix, on voit une case où les deux personnages sont dans le coin en bas à droite de l’image, cernés par le noir qui recouvre toute la planche, montrant la tristesse de l’un des deux protagonistes, sans qu’aucunes paroles ne soient prononcées.

Tout est une question de cadrage

Le cadrage est quelque chose que tout bon dessinateur se doit de le maîtriser, mais Tezuka a une façon bien particulière de l’utiliser vu que beaucoup de plans sont assez cinématographiques, comme s’il y avait une caméra à la place de la case. La preuve la plus flagrante est avec la Nouvelle Ile aux Trésors (voir ci-dessous).

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On remarque aussi que dans les moments d’empoignades, Black Jack est toujours cadré à partir du sol, montrant une supériorité certaine sur ces adversaires, ce qui lui donne une classe folle.

Visages familiers

Lorsque l’on dit que Tezuka est le Dieu du manga, ce n’est pas du tout exagéré : les gros yeux qui font que les personnages sont beaucoup plus expressifs, c’est de lui que ça vient (enfin, il ne l’a pas fait évoluer jusqu’au point où les yeux prennent les trois quart de la tête comme dans certaines productions actuelles...). Il est fort probable que la goutte de sueur et la veine de colère qui sont des codes graphiques typiquement du manga (et qui montre, seulement avec ça, ce que pense le personnage) viennent aussi de lui.

Aussi, il y a une réelle envie de donner une identité à chacun de ses personnages en faisant un visage différent par bien des points : le nez, la forme de visage, le menton, les yeux, la coiffure (qui à l’époque n’était pas aussi extravagante que maintenant^^), les oreilles, les joues... Tout cela est important et permet de remettre un nom à tous ces personnages. Cependant, Tezuka s’amuse aussi à faire intervenir à droite et à gauche un personnage à la moustache blanche et allongée, petit et trapu. L’un des personnages que l’on retrouve toujours, dans la quasi-totalité des œuvres du Maître.

Il aime aussi se faire intervenir dans chacune des histoires, faisant un brève passage, souvent comique (on le reconnaît facilement à son béret et son gros nez^^)

Thèmes récurrents :

La protection de l’environnement

Inutile de le dire, mais Tezuka était un grand écolo de son temps. Rien, qu’à voir la façon dont sont traités les animaux le prouve : intelligence et bonté hors du commun (Le Roi Léo en est un exemple magnifique), toujours à aider les héros (et réciproquement les héros les aident, comme dans Black Jack).

Les endroits isolés, loin de la ville, sont toujours des havres de paix (même si les paysans sont souvent louches et rustres, contrastant ainsi avec le monde animal). Certes, aucun auteur sur Terre se revendique de la destruction des lapins, mais il y a toujours une certain touche (la « Tezuka Tuch » on va dire) qui fait que c’est différent (et puis, n’oublions pas que Tezuka a dessiné dans les années 1960, soit presque avant tous le monde^^).

Les délais

Amusant de voir que Tezuka s’auto caricature en se mettant en scène, avec son bonnet et son gros nez. Mais le plus drôle est de voir ce qu’il dit, toujours à se lamenter sur ces délais en tant que dessinateur, comme s’il était oppressé par ses éditeurs. Cependant, ne les prenons pas pour des bourreaux, c’est aussi parce que Tezuka avait une grande soif de transmettre ses émotions et sa culture qu’il s’est épuisé à la tâche, même si ça devait revenir bien souvent ces histoires de délais (en même temps, faire une dizaine de manga en même temps ne devait pas aider^^).

La guerre

Bien que cela se voie surtout dans ces derniers mangas, ce sujet est toujours omniprésent. Sans doute parce que l’auteur l’a lui-même vécu, c’est toujours de façon poignante qu’il la met en œuvre, et l’on ressent le vécu. Ce qui serait le plus évident est dans l’Histoire des Trois Adolf, la dernière partie où l’on voit la fin de la guerre au Japon, avec Hiroshima et Nagasaki qui sont bombardées, et où la vue des cadavres rendraient presque malades, on sent vraiment que l’auteur a vu ça de ses yeux, et ça fait mal.

Le viol

Je ne sais pas si c’est moi qui aie cette impression, mais c’est une véritable obsession chez Osamu Tezuka. Deux  de ces Seinen les plus sombres (L’histoire des Trois Adolf et MW) en comporte chacun un, tous deux très choquants et qui font un véritable pincement au cœur pour la victime (j’ai même refermé le manga envoyant la scène des Trois Adolf tellement j’ai été pris).

Certes, ce thème est abordés très peu de fois, mais il est troublant de le voir à deux reprises, toujours calqué sur le même schéma (une femme est seule chez elle, une de ses connaissances, un homme sinon ça aurait tourné à l’hentaï, vient lui rendre visite et verrouillant  la  porte et il abuse d’elle profitant de sa force).

Influences 

Il aurait été malhonnête de dire que l’univers que Osamu Tezuka a crée vient seulement de son imagination, il s’est aussi inspiré de bon nombre d’artistes et écrivains pour faire tous ces mangas.

Le premier et le plus important est sans doute Walt Disney, qui a véritablement donné sa vocation au jeune Tezuka, lorsque ce dernier a vu les dessins animées en noir et blanc tel que Steamboat Willie et autres. On retrouve d’ailleurs un certain style qui pourrait ressembler à Walt Disney, mais rien de très flagrant car c’est surtout pour ces vues cinématographiques qu’il s’en ait inspiré.

Ce qui saute le plus aux yeux est dans Metropolis où l’auteur caricature ouvertement la souris de Walt, en donnant la même tête à des rongeurs géants, parodiant ainsi son maître.

Il existe aussi de nombreux auteurs qui ont influencé non pas par leurs dessins, mais par leurs histoires. En effet, sur les 400 œuvres de Tezuka, une très grande partie (sans doute 250 au bas mot) est une reprise de grands romans, ce qui prouve aussi la très grande culture littéraire de Osamu Tezuka, comme l’Ile au Trésor de Stevenson ou Crimes et Châtiments de Doïstoveski.

On peut aussi ajouter qu’il se serait inspiré du film de Fritz Lang, Metropolis, pour créer à son image un manga qui porterait le même titre, mais dont l’histoire était complètement différente car le jeune Tezuka n’avait pas pu aller voir ce Dessin animé lors de sa sortie.

Les enfants de Tezuka

Naoki Urasawa

Ce qui frappe surtout les deux auteurs, c’est la valeur accordée aux sentiments et au développement de personnages « non-creux ». Il est aussi amusant de voir que les deux ont une façon différente de procéder :

Pour Osamu Tezuka, c’est souvent à coup d’images symboliques, avec peu de narration, et en un enchaînement très rapide (ce qui est la preuve d’une très grande qualité littéraire). Alors que pour son disciple, la pensée des personnages sera toujours exprimée concrètement, sans utilisations graphiques et aussi par un développement des situations (cela peut prendre un chapitre pour montrer la puissance émotionnelle d’un protagoniste, alors que Tezuka enchaînera beaucoup plus rapidement).

S’ils sont si différents par le traitement du même sujet, pourquoi faire un rapprochement ? Parce que, tout simplement, on retrouve chez les deux auteurs l’Allemagne, ce qui n’est pas franchement courrant dans un manga. Voilà pourquoi ils sont si proches, avec un même sujet et deux façon de l’aborder

Gosho Aoyama

On remarque surtout cette influence lorsqu’on lit Black Jack de Tezuka. On trouve alors aisément que le rythme binaire des deux mangas (Détective Conan pour ceux qui ne connaisse pas^^) est semblable : un chapitre pour une affaire dans Black Jack, trois pour une affaire dans Conan. Sans compter que la diversité des situations est bien mise en valeur, montrant que Tezuka est un ancien étudiant de médecine et que Aoyama est un féru de romans policiers.

Yukito Kishiro et Katsuhiro Otomo

En parlant de ces deux mangakas (de génie), j’aborde un même sujet qui vient de Tezuka : la science-fiction (et surtout son apologie).

En regardant Metropolis et Astro Boy, on voit que la technologie et les robots n’apporteront rien de bon au monde, et le mèneront à sa perte (la morale de Metropolis est assez explicite). La menace nucléaire est toujours présente, ce qui revient au thème récurrent de la guerre avec Hiroshima et Nagasaki.

Rien qu’avec cela, on peut les considérer comme des enfants du Dieu du manga.

Naoko Takeuchi et Rumiko Takahashi

Il n’est pas exagéré de dire que Princesse Saphir a énormément influencé sur ces deux mangakas (respectivement auteur de Sailor Moon et Ranma 1/2) avec un sujet qui est le travestissement et l’androgynie, qui sont les fondements du Shojo actuel.

Même si ce ne sont pas les seules, ce sont les deux plus connues dans ce domaine, mais n’oublions pas le nombre de mangakas qui sont les enfants de Tezuka en s’inspirant de cela.

Les studios Disney

Tezuka étant mort, les studios Disney, qui avait inspiré eux même, mais lors du vivant du fondateur, le Dieu du manga. Juste retour des choses ? Possible, même si une pétition avait circulé à la sortie du Roi Lion pour que Disney admette qu’ils s’étaient inspirés de Osamu Tezuka. Mais bon, ça ne changera rien au fait que le Roi Lion est le meilleur dessin animé Disney, et Le Roi Léo l’un des meilleurs de Tezuka, comme quoi.

Hayao Miyasaki

Il se revendique lui-même successeur de Tezuka, avec des thèmes cher de son maître comme la menace atomique et la protection de l’environnement, mis en valeur dans Nausicaa par exemple.

Même s’il le vénère, cela ne l’aura pas empêché de concurrencer Astro Boy avec Ken l’enfant loup, bien que le succès de ce dernier soit nettement inférieur.

Aussi, il redonnera une nouvelle jeunesse à certains personnages comme Sherlock Holmes ou le Chat Botté.

Ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme le néo-Tezuka aujourd’hui, montrant que l’homme au bonnet a laissé un héritage très impressionnant et ancré dans la culture japonaise.