Pour vous situer dans le contexte, celui qui écrit l’article est un mec de dix-huit piges, n’ayant pas forcé sur divers psychotropes d’origine douteuse. 

Après plusieurs années à entendre parler de Nana, Nana, Nana, toujours Nana, comme étant la référence du shojo moderne, il fallait bien que j’essaye un de ces quatre. Même si je suis arrivé forcément sceptique, scepticisme étant dû à la maigre expérience du shojo que j’avais eu jusque là, qui ne m’avait franchement pas convaincu. Jamais jusque là je n’avais pu finir ne serait-ce qu’un tome. J’avais presque l’impression d’être un conservateur qui pense que les shonen sont aux garçons ; les shojo aux filles ; les seinens aux adultes ; les yaoi, yuri et hentaï pour les pervers(es). Bon, pour les derniers, je ne dis pas que la relation est due à des préjugés (ça reste même assez véridique), mais pour le reste, c’est discutable.

La preuve en est : Nana poutre outrageusement. Et le mieux dans tout ça, c’est que dès le début du premier chapitre, j’ai accroché. Dès lors, je n’ai pu qu’être transporté par la suite et les relations entre les personnages principaux et leurs connaissances plus ou moins proches. Déjà parce qu’ils sont très rarement caricaturaux, et qu’il n’en existe pas vraiment de plat. C’est un aspect que j’ai découvert ici et qui doit faire partie intégrante des bons shojo et auquel j’accroche diablement. Particulièrement, je suis tombé sous le charme de Nana « Hachiko » parce qu’elle semble être l’archétype le plus caricatural de la fille cherchant le prince charmant, mais l’univers dans lequel elle vit est tellement crédible et réaliste qu’elle se mange parfois des revers assez douloureux pour quelqu’un d’aussi émotif qu’elle. Ce n’est pas pour autant que je renie Nana Osaki, qui a un look beaucoup plus classe (gothic rules) et une personnalité plus intéressante et percutante, mais je suis tombé sous le charme d’Hachiko alors qu’on m’en aurait parlé, j’aurais doucement rigolé en en entendant le portrait. Une très bonne surprise donc.

Et puis, Nana a fait naître en moi un sentiment que j’aurais pensé impensable et qui est une véritable expérience. A la lecture de ce shojo, ce n’est pas le Ca testostéroné du shonen qui nous fait ressentir l’hyper-puissance de la destruction d’un système solaire (pour le plus modeste des exemples) ; c’est encore plus exaltant. C’est le Ca de la jeune pucelle de 13 ans devant Bill de Tokio Hotel. J’ai appris en lisant le manga ce que ressent cette partie de la population (minoritaire, encore heureux) en lisant les magazines peoples bidons et s’écriant « Mon Dieu ! Machin sort avec Machine ! ». Là, c’est exactement la même chose, mais avec les personnages du manga. Je me vois donc devant ma lecture entrain de jubiler intérieurement parce Ren et Nana se sont revus, comme une jeune prépubère. Il n’y a rien de plus gratifiant que cette expérience, croyez m’en. Et même, là où ça devient encore plus fort, c’est lorsque je commence des discussions endiablées sur tel ou tel personnage avec un autre (notez le masculin de la chose) fan du manga. Nous voilà de véritables adolescentes qui sautillent devant des histoires de cœur. Simplement magique.

Ce que je viens de dire paraît être une caricature du manga, n’incitant pas à le lire, je le conçois. Mais le problème est que tout ce que je viens de dire est absolument VRAI. Et le fait que je n’ai pas honte de le dire prouve que Nana a réussi à m’accrocher plus qu’il ne le fallait, à me rendre totalement ridicule alors que je m’en tamponne parce Nana a fait un smack à Hachiko (*Kyaaaaaaaaaaaaaaaaaa* scène cuuulte) et que ça, ça claque méchamment du fessier. Maintenant tout le monde va penser que je suis un sale émo de merde, mais rien à foutre.

C’est une euphorie que je n’ai pas éprouvé depuis pas mal de temps déjà, ça doit remonter à la fin de la diffusion de la série Friends qui me faisait le même effet. Et Nana emprunte pas mal à la série je trouve, enfin surtout dans l’habile dosage entre humour (même pas de merde) et évènements tristes qui nous transportent loin loin loin (plus haut que tous les soleils). Il paraitrait même que le manga n’en finit pas et se rallonge un peu, comme la sus-citée série, mais en étant au début, je ne peux pas me prononcer.